Éditorial

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30.06.2018
Du courage de quitter à la joie d’appartenir 
Auteur : Père Rhod Sakani

Nous célébrons aujourd’hui, en date différée, la fête des bienheureux Pierre et Paul. Une occasion d’immense joie pour notre paroisse qui a Saint Pierre pour Saint patron : c’est bien donc notre fête patronale. L’un et l’autre, selon leur charisme, ont été choisis et appelés par Dieu pour annoncer son règne. Deux personnes, de tempérament bien différent, mais qui pourtant ont conjugué leurs efforts pour la même œuvre du Seigneur. Notre foi est une foi apostolique dans la mesure où elle est fondée sur le témoignage des apôtres. Et qui plus est, ces deux apôtres sont reconnus comme les colonnes de notre Eglise. Dans ce sens, célébrer Pierre et Paul, c’est avant tout rendre grâce au Seigneur qui les a chargés de sa bonne nouvelle parvenue jusqu’à nous. Célébrer Pierre et Paul, c’est se rappeler que dans l’Eglise du Christ nul ne peut devenir chrétien en choisissant l’enfermement, la solitude. Nous ne sommes chrétiens qu’avec les autres. Célébrer Pierre et Paul, c’est se rappeler que Dieu peut se servir même de nos faiblesses pour transformer le monde. Pierre a trahi son maître pendant son procès et Paul a persécuté son Eglise pendant longtemps. Pourtant Dieu les a choisis comme ils étaient pour en faire ses bras, ses mains et ses pieds qui ont apporté l’Evangile au monde. Comme quoi, frères et sœurs, « Dieu écrit droit sur des lignes courbes ». Célébrer Pierre et Paul, morts martyrs, c’est prendre et reprendre conscience que servir le Christ nous expose au martyre. Mais qu’il nous faut pour cela cultiver sans cesse un attachement indéfectible à Dieu par une vie de prière qui s’exprime dans la charité et la miséricorde. Baptisés dans le Christ, nous sommes appelés tous et chacun à travailler pour l’avènement et l’enfantement d’un monde nouveau où l’amour devient le maitre mot qui anime et qui habite ceux et celles qui ont accepté de suivre le Christ. Paul et Pierre ont tout quitté pour suivre Jésus. Qu’ils prient pour notre Eglise afin qu’elle trouve sans cesse des hommes et des femmes qui pérennisent l’œuvre de Dieu.


25.06.2018
Aimé dès le sein maternel 24/6/2018
Auteur : Père Bernard Heudré

Comme il est bon d’entendre que dès le sein maternel s’écrit notre histoire humaine ! Une naissance n’est pas un accident de l’histoire comme on aurait parfois tendance à le penser aujourd’hui. Une naissance n’est pas un calcul destiné à satisfaire un besoin, parfois en méprisant les lois naturelles.
Non, lorsque s’annonce la naissance d’un enfant, c’est une histoire qui prend forme. Dès lors, comment considérer un avortement comme un acte banal !
La liturgie de cette fête de saint Jean Baptiste nous fait aller s’incliner devant le sein de deux futures mères.
Celui de la mère d’Isaïe qui sait qu’elle va mettre au monde un enfant, sans pouvoir imaginer son destin exceptionnel, rien moins qu’ « une flèche acérée », rien moins que « la lumière des nations ». Désormais Dieu n’est plus l’apanage d’un peuple, celui d’Israël, pour lequel le prophète pense s’être « fatigué pour rien ». Sa récompense sera de se voir confier une mission infiniment plus large, celle d’être « lumière des nations. »
Le sein d’Elisabeth ensuite où l’enfant bondit d’allégresse lors de la visitation de Marie. Jean Baptiste, avant de prendre la parole, a déjà accueilli Jésus, le Verbe, dans le sein de Marie.
Magnifique rencontre que celle de ces deux futures mères qui ne portent rien moins que l’avenir du monde, le salut incarné en Jésus, annoncé par Jean Baptiste, le Précurseur.
Alors que nous sommes au solstice d’été, avec le jour le plus long de l’année, laissons-nous envelopper par la Lumière qui traverse nos obscurités et portons-la largement autour de nous.
Père Bernard Heudré




16.06.2018
De la semence à la maturité
Auteur : Diacre Francklin Gracia, spsj

Le Salut que Dieu offre à l’homme dépasse le temps et l’histoire. Mais c’est au cœur de cette histoire qu’il agit afin que l’homme puisse le découvrir peu à peu. Jésus nous aide à comprendre le royaume dont il est la personnification comme un processus. Un processus qui invite à la patience. Pour cela, il utilise l’image de l’agriculture avec toutes ses étapes nécessaires : semence, croissance, maturité. Très souvent quand nous voyons un grand arbre, nous ne pensons pas spontanément à la première étape de sa vie : la semence. Pourtant cette étape est indispensable. Les agriculteurs savent bien que s’ils veulent récolter de bons fruits, la première chose à faire c’est de semer. Les plantes grandissent, puis portent du fruit. Mais ni la croissance ni la récolte ne dépendent du semeur. D’ailleurs, il constate tout simplement que les plantes grandissent et portent de fruits. Ainsi, la puissance de Dieu fait naître son œuvre et veut faire grandir son royaume en nous. Il nous faut être tout simplement dans une attitude d’accueil comme la terre qui accueille une semence qui est destinée à germer, croître afin de porter du fruit. Il y a un grand contraste dans la deuxième parabole de l’évangile d’aujourd’hui. Il s’agit d’une petite graine de moutarde qui devient une plante impressionnante. Jésus veut nous rappeler que la grâce de Dieu dépasse notre logique humaine. Prenons-nous assez de temps pour faire mémoire des grâces reçues ? Qui que tu sois, la grâce de Dieu peut te rejoindre. Tu te sens trop faible, trop petit ? Le Seigneur te dit « ma grâce te suffit ». Nul n’est trop loin pour Dieu ; et surtout n’est perdu pour Dieu. Chacun de nous est capable d’accueillir les dons de Dieu dans sa vie. Il suffit de nous ouvrir à la présence aimante de Dieu. Dans notre vie, nous avons toujours besoin de progresser. N’oublie pas, un vélo ne tient pas l’équilibre tout seul sinon que lorsqu’il avance. Alors, avançons ensemble en gardant notre équilibre dans le Seigneur qui nous fait grandir et porter du fruit comme une semence jetée dans une terre fertile. Qu’en nous s’élève, fructifie et s’achève le royaume de Dieu.


11.06.2018
Du temps pour se décider
Auteur : Père Bernard Heudré

« Décide-toi ! » Est-ce que nous n’avons pas prononcé cette parole face à quelqu’un qui hésite, ne sait pas s’il doit entrer ou sortir ?
Si nous prenons le temps de relire notre vie, très rapidement nous constatons qu’elle a été construite par les choix que nous avons su faire, certains étant déterminants, comme celui du mariage, du ministère sacerdotal, de la vie consacrée, de la profession…
Lorsque nous voyons les relations que Jésus tisse avec ceux qu’il rencontre, nous remarquons aussitôt qu’il demande une décision claire et nette « Viens, suis-moi ! » Avec lui, pas de demie mesure. Il ne force personne. Il attend seulement la vérité de l’engagement.
Bien sûr, il dérange, au point que ses proches affirment : « Il a perdu la tête ». A tous, y compris Marie, il a fallu du temps pour découvrir qui il était vraiment. Lorsqu’ils viennent le rencontrer avec, comme saint Marc le dit plus loin, le secret désir de le ramener à la maison, ils n’osent pas le voir face à face. L’évangile nous dit qu’ils restent au-dehors et se servent d’intermédiaires pour l’interroger.
Alors Jésus regarde ceux qui sont assis autour de lui, premier visage de l’Eglise, et il a cette magnifique affirmation qui devrait nous réjouir tous car il nous appelle tous à cette relation : « Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère ».
Entrons dans cette vie de famille que Jésus nous invite à vivre avec lui et avec son Père. Ayons à cœur d’accompagner les enfants qui aujourd’hui font leur Première Communion pour que jamais celle qui est la première ne devienne la dernière.

Père Bernard Heudré




01.06.2018
"Prenez, et mangez en tous ; Prenez, et buvez en tous !"
Auteur : Père Rhod Sakani

Nous célébrons aujourd'hui la solennité du très Saint-Sacrement qui nous renvoie essentiellement au don parfait que le Christ a fait à l'humanité toute entière. Ce don sublime résume tout le mystère de notre foi car comme l'écrit Saint Paul, " si le Christ n'est pas ressuscité vaine est notre foi."  Oui, pour manifester pleinement son amour aux hommes, Dieu nous a donné son Fils, l'unique de son sein. Ce Christ qui a épousé l'humanité dans tout ce qu'elle a et est, excepté le péché, a accepté de donner librement et gratuitement sa vie en mourant sur la Croix. En le faisant, il a cloué sur le bois de la croix l'humanité entachée du péché pour faire naitre en elle une vie nouvelle. Existe-t-il un sacrifice meilleur que celui du Christ ? Non, car en donnant son corps et son sang en rançon pour le salut du monde, Dieu nous a donné la plus grande preuve de l'Amour : donner sa vie pour les autres. C'est dans l'Eucharistie définie par le concile Vatican II comme " la source et le sommet de toute la vie chrétienne" que nous vivons vraiment et réellement l'amour de Dieu. Et le saint pape dans sa lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia  écrivait que "l'Eglise vit de l'Eucharistie ". Prenez, et mangez-en tous : ceci est mon corps livré pour vous ! Le petit pain, symbole de la nourriture éphémère du corps physique, prend un sens nouveau grâce au don du corps du Christ qui devient l'aliment essentiel qui nous est donné et qui donne la vie éternelle. Ainsi, sommes-nous appelés à rechercher non pas ce qui passe, ce qui se corrompt, mais ce qui est éternel. Dans un monde de plus en plus marqué par la recherche effrénée des biens matériels, le Christ invite ses amis à lever plus haut leurs yeux pour le contempler dans sa plus grande gloire. Prenez, et buvez-en tous, car ceci est mon sang versé pour vous. Le vin, signe de joie, d'amitié et de fraternité partagé au repas revêt désormais un nouveau visage. Il devient sang du Christ. Or le sang est ce qui fait vivre le corps humain. En donnant ainsi son sang à boire, le Christ devient réellement notre vie. Il est celui qui conditionne la vie. En dehors de Lui, c'est la mort. Il se fait alors présent en chacun de nous et nous rappelle notre nouvelle alliance scellée non pas sur du sang animal mais sur sa propre vie. Célébrer le saint-sacrement, c'est célébrer l'Amour infini de Dieu. Cet amour, Il nous le communique chaque jour et nous invite à le partager aux autres. Sommes-nous prêts à accueillir cet amour et à le répandre dans le monde ? Soyons tous de petites eucharisties au milieu de notre monde où l'amour est fauché par la haine, le pardon par la rancune, la gratuité par l'intérêt, le partage par l'égoïsme, la vérité par le mensonge, la lumière par l'obscurité... Adorons le Christ présent dans le très Saint Sacrement de l'autel qui nous accueille tous tels que nous sommes. Amen