Éditorial

misc
15.06.2019
Dieu a horreur du calcul !
Auteur : Père Rhod SAKANI

1+1+1=1. Faux, dirait un mathématicien. Pourtant, c’est bien cette formule mathématique qui dit et exprime l’unité et l’unicité de Dieu en trois personnes appelée mystère de la Sainte Trinité que nous célébrons aujourd’hui. Dieu a horreur du calcul. Ceci est une grosse difficulté pour notre époque régie par la logique calculatoire : le cours de bourse, les budgets, la gestion de notre de notre temps... Or célébrer la solennité de la Trinité, c’est précisément célébrer l’amour de Dieu pour l’humanité. Un amour sans calcul dont le clou se trouve dans le don définitif de Jésus pour le salut du monde. Oui, Dieu a horreur de nos calculs. Il se donne sans compter. Comprendre donc la Trinité sur la base de notre intelligence, de nos acquis et de nos calculs mathématiques, bref de notre logique humaine n’est guère possible. Ce mystère, on ne le contourne pas pour le comprendre. Il faut plutôt y entrer, y pénétrer avec la robe de l’humilité qui nous fait découvrir cet amour communionnel qui se vit entre les 3 personnes de la trinité. La Trinité est cette famille d’Amour où les 3 personnes, jouissant de la même nature et de la même adoration, sont en même temps distinctes l’une de l’autre. La famille est le reflet du Dieu Trinité. En effet, plus nous appondissions notre connaissance aimante de la Trinité, plus nous comprenons à quelle vie sont appelées nos familles. Plus nous contemplons l’amour qui unit le père, le Fils et le Saint Esprit, plus nous comprenons la qualité de relation qui doit exister entre nous. Plus nous contemplons le mystère de communion divine faite d’unité et de distinctions plus nous pressentons que la vie de famille est faite d’une juste autonomie des personnes mais en même temps d’une nécessaire interdépendance. En Dieu, chaque Personne est distincte et unique et en même temps partage une seule nature divine dans une communion d’amour. Que nos familles soient imprégnées d’une telle communion d’amour. Que l’Esprit Saint nous saisisse, change nos cœurs et nous conduise par son souffle vers la vérité toute entière, sur les pas de Jésus et jusque dans les bras du Père qui nous aime.


01.06.2019
Qu’ils soient un
Auteur : Jean-Baptiste Nzimulinda

Jésus prie pour l’unité de l’Eglise. En quoi consiste l’unité que préconise le Fils de Dieu ? Sommes-nous prêts à vivre l’unité profonde entre les enfants de Dieu venus d’horizons différents ? L’unité que Jésus envisage n’est pas une simple solidarité humaine ni une simple cohabitation pacifique entre les personnes ayant des convictions différentes mais compatibles. L’unité des chrétiens doit être parfaite car elle tire son origine dans l’amour qui unit le Fils à son Père et a pour modèle l’amour trinitaire. Les trois personnes divines sont totalement distinctes mais agissent et vivent ensemble en communion totalement parfaite. L’unité des chrétiens a une portée universelle et missionnaire « que le monde croie que tu m’as envoyé ». En étant profondément soudé par la foi à la manière des apôtres (Ac 4, 32), nous rendons compte de toute la profondeur du mystère de Dieu qu’enseigne l’Eglise, et ainsi, nous continuons la mission d’évangélisation dans le monde. La prière de Jésus augmente en nous l’espérance : « Je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire ». Jésus veut rassembler tous ceux qui parviendront à la foi dans la gloire de Dieu le Père. Son désir n’est pas une simple théorie mais une certitude, puisque Etienne, avant sa mort, contemple le Fils de l’homme dans sa gloire. L’auteur de l’Apocalypse nous trace le chemin : accepter de laver nos vêtements dans le sang de l’agneau. Ce langage symbolique signifie pour nous aujourd’hui vivre notre consécration baptismale, être toujours sous la mouvance de l’Esprit Saint.


24.05.2019
Demeurer dans l’amour de Dieu
Auteur : Père Rhod Sakani

La liturgie du 6ème dimanche de Pâques nous donne à méditer sur les conséquences universelles de la glorification du Fils de Dieu et sur l'expansion missionnaire. En effet, dans un discours de type testamentaire, Jésus, l'envoyé de Dieu et l'interprète des desseins bienveillants du Père, exhorte ses disciples à la fidélité à sa parole, c'est à dire à vivre l'amour mutuel pour entrer dans l'intimité du Père et demeurer dans son amour. Le théologien Français Yves Congar l'exprime avec un lyrisme particulièrement émouvant lorsqu'il stipule que la charité c'est le cœur de Dieu battant dans le nôtre. Il est juste de dire que lorsque notre cœur se dilate dans l'ordre de l'amour, nous épousons le regard de Dieu sur l'homme, l'histoire et la création. Nous pouvons donc comprendre que se soustraire à l'amour de Dieu correspondrait à bâtir une civilisation de la mort. Et le pape Paul VI disait avec raison qu'un humanisme sans Dieu est un humanisme inhumain. Il nous appartient donc aujourd'hui d'être au milieu des disparités criantes entre les peuples et des hommes, des divisions et du mépris de l'autre, les pèlerins de l'amour de Dieu et les messagers intrépides de la paix qui vient du Seigneur : paix pour les cœurs troublés par les soucis de la vie et les misères affectives, paix pour les hommes et les femmes effrayés par les maladies et les lendemains qui s'annoncent potentiellement difficiles et incertains. Jésus vient nous relever et nous porter vers une espérance invincible pour transfigurer qualitativement le visage de l'humanité. En outre, Jésus annonce son départ vers son Père et la venue du Saint-Esprit pour conduire et éclairer la marche de l’Eglise dans l’histoire. Il est à l’œuvre dans la 1ère communauté dans ce qu’il est à bon droit convenu d’appeler le concile de Jérusalem. Puisse l’Esprit Saint nous orienter vers la cité sainte Jérusalem afin que notre visage s’illumine de la gloire de Dieu.


18.05.2019
L’AED « partout où l’Eglise a besoin de nous »
Auteur : L’Aide à l’Eglise en détresse

L’Aide à l’Eglise en détresse (AED) a été fondée en 1947 par le Père Werenfried van Straaten, religieux prémontré hollandais. Association catholique internationale soutenue par le Saint-Siège, membre du Comité épiscopal pour la solidarité de l’Eglise de France, la mission de l’AED est de « promouvoir une action en faveur des activités et initiatives pastorales de l’Eglise là où elle est persécutée ou rencontre d’autres difficultés dans l’accomplissement de sa mission ». L’aide de l’AED répond ainsi aux besoins des Eglises locales les plus souffrantes ou les plus démunies dans 130 pays du monde Chaque année, l’AED reçoit des évêques et des congrégations religieuses du monde entier environ 7000 appels, concernant essentiellement : La formation de candidats au sacerdoce, La formation de catéchistes, L’aide d’existence pour prêtres et religieux(ses), La publication de livres religieux, bibles, en toutes les langues, La production d’émissions religieuses de radio en Russie, en Asie, au Brésil et en de nombreux autres pays du monde, La construction ou restauration d’églises, de couvents, de séminaires et de centres de catéchèse, L’achat de moyens de transport destinés à la pastorale pour les communautés dispersées et éloignées, L’aide caritative dans les camps de réfugiés… 600 000 chrétiens dans le monde (dont 70 000 en France) s’associent à la mission de l’AED et participent à sa triple action de solidarité spirituelle, d’information et de partage avec les Eglises souffrantes.


11.05.2019
Entendre pour écouter
Auteur : Père Bernard Heudré

Vous connaissez sans doute l’adage : « Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ». Pourtant ce ne sont pas les paroles qui manquent, certains jours des flots de paroles, souvent noyés dans de la musique en fond sonore. Aussi écouter devient pour le moins difficile et pourtant c’est ce que Jésus attend de chacun de nous. Pour nous dire cela, il ne pose pas de point d’interrogation. Il est sur le mode de l’affirmation : « Mes brebis écoutent ma voix ». Quelle magnifique attitude de confiance de sa part ! Mais qui dit brebis dit berger. Il est dommage que le très court Evangile de ce jour ne contient pas le mot « berger » dans ce qu’il est convenu d’appeler l’évangile du Bon Pasteur : « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis » (Jean 10, 11). Pourtant à y regarder de près, dans le texte grec original, l’évangile ne parle ni du bon, ni du vrai, mais du « beau berger ». Nous sommes là au cœur de la culture grecque, fascinée par la Beauté : une réalité bonne et vraie ne saurait être que belle. Et tout cela, ce n’est pas pour se payer de mots, car ils doivent se traduire en actes. Revenons à la parole de Jésus. D’abord les brebis écoutent sa voix. Il les connaît. Elles le suivent. Car là est bien l’essentiel : suivre, c’est à dire se laisser guider par Lui, dans la confiance car sa voix est rassurante. C’est la raison pour laquelle j’aime beaucoup la première statue posée dans la coupole de la Cathédrale. Le Berger n’a pas posé la brebis sur ses épaules, mais sur sa poitrine, sur son cœur. Tout est dit, car tout part de l’amour et conduit à l’amour.


04.05.2019
Être témoin et missionnaire du Christ ressuscité
Auteur : P. Jean Baptiste NZIMULINDA

Les textes soumis à notre méditation aujourd’hui s’inscrivent dans un contexte missionnaire. Après les évènements de Vendredi Saint, les apôtres ont repris leurs anciennes activités professionnelles. Pierre et ses compagnons partent à la pêche. Durant toute la nuit, ils n’ont rien pris. C’est la déception totale. Le Christ qui nous rencontre dans notre quotidien est là mais ils ne le reconnaissent pas. Il veut les aider : « Jetez le filet à droite de la barque et vous trouverez ». Ce commandement contient un ordre « jetez » et une promesse « vous trouverez ». L’obéissance à l’ordre de Jésus aboutit aux résultats inattendus : un filet vide se remplit d’une abondance de poissons. Le filet plein de toute sorte de poissons est une image des multitudes d’hommes et de femmes de toute race, langue et nation qui, attirés par le témoignage et la prédication apostolique, entreront dans l’Eglise. Par ailleurs, la pêche qui est une métaphore de la mission montre combien la fécondité de la mission dépend de notre obéissance et de notre attachement au Christ : « Sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5). C’est ce que Jésus enseigne à Pierre avant de lui confier la mission de faire paître ses brebis. Le dialogue entre Jésus et Pierre permet à celui-ci de comprendre qu’il est pécheur pardonné et qu’il doit reconnaître ses faiblesses pour pouvoir accueillir la grâce de rédemption nécessaire pour témoigner du Christ. Seul le Seigneur peut transfigurer son amour indispensable pour sa mission. La fécondité de la mission dépend de notre capacité à nous laisser aimer par le Christ et de notre réponse à l’amour du Christ. La manifestation du Christ ressuscité ravive fortement la foi des apôtres. Ces derniers se montrent plus fermes et témoignent de la résurrection du Christ avec assurance malgré les persécutions. Par la force de l’Esprit Saint, ils ont choisi d’obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Laissons-nous aimer par le Ressuscité pour avoir la force de témoigner de lui toujours et partout, à la manière des apôtres.


27.04.2019
Dimanche de la Divine Miséricorde
Auteur : P. RANDRIAMANANA Paul

Depuis l’an 2000, le saint pape Jean-Paul II a institué ce deuxième dimanche de Pâques comme le Dimanche de la Divine Miséricorde. Cette dédicace fait suite au message du Christ à sœur Faustine Kowalska qui lui a demandé de célébrer solennellement sa miséricorde le premier dimanche après Paques. Cette période est significative. Elle nous indique d’abord que la résurrection est œuvre de la « Divine Miséricorde », mais aussi que cette dernière est incarnée en la personne du Christ, mort et ressuscité. A ce propos, Jean Paul II exprime que « dans le Christ et par le Christ, Dieu devient visible dans sa miséricorde ». Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus nous invite à faire l’expérience de son amour miséricordieux. A la suite de l’apôtre Thomas, Il s’adresse à chacun de nous en ces termes : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté ». Nous sommes en effet invités à s’abreuver à la fontaine de son côté ouvert. Cette invitation fait écho à son message transmis par sœur Faustine qui disait : « L’humanité n’aura de paix que lorsqu’elle s’adressera avec confiance à la Divine Miséricorde ».


05.04.2019
Remettre debout
Auteur : Père Bernard Heudré

Est-ce que vous trouvez normal ce qui arrive aux Egyptiens lancés à la poursuite des fils d’Israël qui viennent de traverser la mer pour atteindre la terre promise ? Certes, on ne peut que se réjouir de voir le peuple asservi retrouver liberté et dignité. Mais c’est quand même cher payé. « Les voilà tous couchés pour ne plus se relever… » Le chant de Moïse que nous entonnons au cours de la Vigile pascale : « Il a jeté dans la mer cheval et cavalier » me laisse toujours un goût amer. N’oublions pas que le passage de la Mer Rouge est d’abord une composition littéraire, bien au delà d’un récit strictement historique. Le message est le suivant et c’est le seul à retenir : Dieu ne veut être que libérateur. Il le fait voir tout au long de l’histoire du Peuple d’Israël. Il le fait voir d’une manière absolue et définitive en Jésus. Dans l’épisode de la femme pardonnée entendu dans l’Évangile de ce jour, il s’est penché pour écrire sur la terre. Après avoir mis les accusateurs face à leur propre péché, il se redresse et pose son regard sur la femme : « Je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » Cette attitude de Jésus se redressant est l’annonce très claire de sa résurrection : il se relève du tombeau et entraîne toute l’humanité à se mettre debout, chacun de nous, tous les hommes. Le seul vrai combat de la vie est celui de la liberté, le seul vrai combat que nous avons tous à livrer consiste à aider nos frères courbés sous le poids de la souffrance et de la pauvreté à se remettre debout.


30.03.2019
La miséricorde de Dieu, chemin d'une fraternité authentique
Auteur : Rhod SAKANI

Frères et sœurs, Chaque dimanche du temps de carême, comme tous les dimanches de l’année d’ailleurs, nous dévoile à travers la liturgie un trait du visage de Dieu. Ainsi, après avoir évoqué la patience de Dieu dimanche passé, la liturgie de ce jour nous fait découvrir, à travers la parabole dite des deux fils ou du Père miséricordieux, l’amour insondable et la miséricorde infinie de Dieu. Cette miséricorde de Dieu nous est offerte gratuitement, bien sûr, mais elle requiert cependant une attitude de responsabilité de notre part, responsabilité qui passe par une prise de conscience de notre péché pour culminer finalement dans un retour profond et vrai vers Dieu. C’est bien l’attitude du fils cadet de l’Évangile de ce jour. De fait, après s’être éloigné de la maison de son père, il fait l’expérience de la misère la plus atroce. Et là, dans un acte de retournement, il décide de repartir vers son père pour demander pardon. Oui, mes bien aimés, loin de Dieu il n y a point de vie. Frères et sœurs, s’il est vrai que nos péchés nous éloignent de Dieu, Son amour au contraire nous appelle sans cesse à ne pas nous y enliser. Il nous faut donc prendre le chemin de la conversion, du retour vers Dieu à l’image de ce fils cadet. Et nous sommes toujours attendus par Dieu car nos péchés ne brisent aucunement son amour pour nous. Alors, c’est aujourd’hui déjà qu’il nous faut prendre sans tarder ce chemin. Mais l’attitude du fils aîné : « quand ton fils que voici... » vient briser la fraternité des deux fils. Il n’est plus son frère mais le fils de son père. Et ici le thème paroissial sur la fraternité que nous avons choisi comme lampe d’éclairage pour ce carême trouve ici son sens. En effet, fils et filles d’un même Père, nous sommes invités à cultiver le vivre ensemble sur les bases nobles et solides de la vérité, de l’amour, du dialogue culminant dans l’exercice de la correction fraternelle, un des socles d’une fraternité authentique. La visite de Monseigneur Alexandre Joly est pour nous signe de cette fraternité voulue et promue par Jésus. Nous lui souhaitons un bon et fructueux ministère !


23.03.2019
Le pardon, socle de la vie fraternelle.
Auteur : Paul Randriamanana

Nous sommes à mi-chemin vers Pâques. L’appel à la conversion retentit toujours aux quatre vents du monde. Cet appel sort de la bouche de Jésus dans l’Évangile de ce troisième dimanche du carême avec un ton d’urgence « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous ». Avec la parabole du figuier stérile, Jésus nous encourage sur ce chemin de la conversion. Il n’est pas question d’hésitation ni de désespoir, malgré le signe des échecs, car la miséricorde de Dieu est assurée pour nous accompagner vers la victoire de Pâques. En parlant de cette miséricorde, le Pape François explique qu’en pardonnant, Dieu n’efface pas seulement nos péchés, il nous fait aussi participant à sa vie. En effet, pardonnés de nos fautes, nous sommes appelés aussi à pardonner à « ceux qui nous ont offensés ». C’est sur ce socle du pardon que nous pouvons espérer une vie fraternelle plus solide car la fraternité s’agrandit à travers la gratuité du don et du partage. Or pardonner, c’est plus que donner. Par ce pardon, les « frères » se donnent la paix et la joie les uns aux autres. Ceci est d’ailleurs le fruit d’une réelle conversion avec lequel nous pourrons accueillir avec allégresse la joie de Pâques.


15.03.2019
La gloire de la Transfiguration
Auteur : Roger AFAN, OP.

Face aux difficultés que nous rencontrons tous les jours, les moments de contact avec Dieu nous redonnent courage et espérance. Pierre aurait bien voulu rester sur la montagne de la Transfiguration, loin des problèmes de la vie quotidienne : « Il est heureux que nous soyons ici ; dressons donc trois tentes... ». Mais il a dû descendre dans la plaine et reprendre l’ordinaire de la vie. Toutefois, ce moment de transfiguration lui a redonné le courage de poursuivre sa mission. Martin Luther King, au milieu des menaces de mort, s’était souvenu de cette scène de la Transfiguration ; il écrivait : « Je suis monté sur la montagne pour prier et j’ai entrevu la terre promise... Cette rencontre avec Dieu m’a permis de continuer à lutter pour la justice ». Au cœur des injustices de notre monde, Dieu, en Jésus Christ, a introduit le ferment d’une humanité transfigurée. Ce catalyseur est la fraternité, qui signifie une vision chrétienne de l’humanité. Elle réunit autour du Christ des hommes et des femmes de toutes provenances et de toutes conditions, en une même famille de Dieu. De là découle un regard tout à fait renouvelé de nos relations avec tout être humain, quel qu’il soit, où qu’il soit. La foi chrétienne que nous partageons en frères et sœurs de Jésus, nous donne de nous savoir égaux parce que membres d’une même famille dont les liens dépassent les barrières placées par les hommes, les nations et les conditions sociales.


09.03.2019
Notre Père …. délivre-nous du mal 
Auteur : Père Bernard Heudré

Ce sont les premiers et les derniers mots de la prière que Jésus nous a donnée, de la prière qui accompagne chacune de nos journées. Nous le savons, dans un échange fraternel, les premiers et les derniers mots sont très souvent les plus importants, ce sont ceux que l’on retient. Dire à Dieu « notre Père », c’est bien sûr le reconnaître pour ce qu’il est, celui qui nous donne la vie et nous permet de la faire grandir dans et par l’amour. Ce don de la vie est la même pour tous les hommes et c’est ainsi que nous sommes introduits avec eux dans une relation de fraternité. La République a voulu inscrire ce mot dans sa devise, mais nous voyons combien elle peine, aujourd’hui plus que jamais, à rendre effective cette fraternité. Bien sûr, il y a toujours possibles les bons mouvements du cœur, mais nous savons aussi combien ils sont fragiles, si facilement à bout de souffle. Aussi, Jésus a-t-il voulu ces derniers mots au terme de sa prière : « délivre-nous du mal ». Pour lui, ce ne sont pas des mots en l’air. Ce combat contre le mal, il l’a vécu intensément, dans la joie et dans l’épreuve. Dès le début de sa mission, dans les tentations du désert, il est affronté à ces puissances du mal qui le conduiront au Calvaire. Mais il sait qu’il n’est pas seul. Comme il le dit dans l’une des réponses faites au diable : « C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. » Gardons-nous de l’illusion d’une fraternité des bons sentiments. Enracinons-nous dans une fraternité reçue de Dieu qui fait du frère quelqu’un avec qui nous ne sommes jamais quitte.


02.03.2019
Devenir comme son Maître
Auteur : RANDRIAMANANA Paul

En ce 8ème dimanche du temps ordinaire, nous lisons l’Evangile selon saint Luc 6, 39-45 dans lequel Jésus enseigne ses disciples par la parabole des aveugles. Avec cette péricope, nous sommes dans le contexte du discours inaugural de Jésus sur les béatitudes, l’amour des ennemis et la miséricorde (6, 20-38). Jésus instruit donc ses disciples quant au comportement qu’ils devraient avoir afin de ressembler à leur Maitre. Pour ce faire : Il faut d’abord se comporter comme des disciples humbles prenant place aux pieds de leur Maître. Car « le disciple n’est pas au-dessus du maître ». Sur ce point, Jésus invite ses disciples (nous) à se laisser guider par Lui et non par n’importe qui, car un aveugle ne peut pas guider un autre aveugle. Ensuite, il faut être capable de bien voir. En effet, Jésus veut inculquer à ses disciples la bonne attitude : le discernement sur ses propres actes et non sur ceux des autres. L’objectif principal ne change pas : que nous, disciples de Jésus devenions comme lui, notre Maitre. Si nous nous jugeons honnêtement, nous pourrons aider aussi les autres à travers la correction fraternelle. Enfin, il faut vivre en bon témoin en réfléchissant sur ce que nous avons reçu de notre Maître. Nous devons mettre en pratique ce que nous avons appris du Maitre pour pouvoir en témoigner après. Mais que notre témoignage soit cohérent avec ce que nous vivons intérieurement. « Car ce que dit la bouche c’est ce qui déborde du cœur ». Ainsi nous serons de bons arbres qui donnent de bons fruits.


23.02.2019
Au-delà de la règle d’or, la charité
Auteur : Roger AFAN, op.

Toute société ou toute religion a une règle d'or, puisqu’il s’agit tout simplement d’un principe de fondement naturel : « Ne fais pas aux autres ce que tu n'aimerais pas qu'on te fasse ». Cependant, Jésus est le seul à formuler ce principe sous une forme positive : « Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux » (Luc 6, 31). Et pour souligner l’originalité de sa formulation, par deux fois, Jésus nous dit d’aimer nos ennemis. Et, pour être pratique, Il nous précise trois fois comment : - faites du bien à ceux qui vous haïssent ; - souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent ; - priez pour ceux qui vous calomnient. Cette règle d'or est le fondement de la morale chrétienne. Humainement, tout cela semble difficile à accomplir. En effet, il est plus facile de s’abstenir que d’agir : Et pourtant, la demande de Jésus paraît réaliste dans notre monde où il existe trop de violence, trop d’injustice et trop de haine. Comment dépasser cette situation sinon par un surcroît d’amour et de bonté à l’égard de tous les hommes ? Aimer de cette façon est un don de Dieu. Car ce « plus » nécessaire vient de Dieu : sa miséricorde, faite chair en Jésus, qui seule peut faire basculer le monde du mal vers le bien, à partir de notre consentement à vivre le commandement du Seigneur. Plus nous vivons cette charité, plus grandit en nous la ressemblance à notre Père.


16.02.2019
Insultés et méprisés à cause du Fils de l’homme : La surprenan
Auteur : Père Rhod SAKANI

Surprenante est la conclusion que prend le discours des béatitudes, charte de la réalisation du chrétien dans le monde de son temps. Habitués aux considérations sur lesquelles nous nous attardons le plus souvent, en méditant cette page d’évangile, nous nous attendons à un renversement de situation où les bienheureux deviendront malheureux et inversement. En tant que discours à valeur pédagogique visant la finalité de la conversion du cœur de l’homme, pour mieux orienter son action au quotidien, les béatitudes interpellent et convoquent notre foi personnelle et collective. C’est sur leur conclusion, dans la première partie, que nous allons nous attarder, en ce cinquième dimanche ordinaire, pour permettre à tous et à chacun de vivre une confrontation responsabilisante avec la parole de Dieu : « Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïssent et vous repoussent, quand ils vous insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme ». Combien sommes-nous prompts à embrasser un tel projet de vie qui consiste à vivre en Dieu et avec Dieu, devenant un reproche vivant au cœur du monde de notre temps, un monde où presque tout le monde est en quête d’honneur, d’impressionnisme et de succès ? Un tel niveau de vie n’est possible que pour ceux et celles qui se laissent toucher par la beauté de la foi au Christ ressuscité, qui nous délivre de la pesanteur du mal et du péché, comme l’explique l’apôtre Paul dans la deuxième lecture. C’est cette foi qui nous fait dépasser notre humanité pour viser la possibilité de la réussite d’un tel projet de vie qui nous apprend à compter sur Dieu. Et le prophète Jérémie en dégage tout le sens dans la première lecture : « Maudit soit l’homme qui se confie dans l’homme, qui prend la chair pour son appui ». Heureux sommes-nous et serons-nous toujours, si avec la force du sourire et la patience du pèlerin nous incarnons les valeurs du Règne de Dieu en nous et autour de nous, malgré les contradictions, les humiliations, les persécutions et les insultes. Le ton est donné pour que chacun devienne une béatitude vivante, illuminant son milieu de vie et témoignant du Christ ressuscité, véritable et unique raison de notre foi et de notre agir. Es-tu prêt (e) ? alors, je te le dis : heureuse, heureux es-tu ! Bon dimanche !


11.02.2019
Plus profond et plus loin.
Auteur : Père Bernard Heudré

« Avance au large ». Cet appel de Jésus à Simon-Pierre a pris encore plus de force pour nous aujourd’hui après l’homélie du pape Jean-Paul II le jour de sa prise de fonction. Il en a fait d’ailleurs un leitmotiv de son message tout au long de son pontificat. En le relisant, j’ai aussitôt pensé à cette parole de saint Augustin que j’aime particulièrement : « Le jour où tu dis cela suffit tu es déjà mort », parole qu’il concluait ainsi : « Ajoute toujours, avance toujours, marche toujours, … » Ce qui fait la beauté de la vie, c’est le désir de la découvrir chaque jour avec un regard neuf. Rien n’est pire que de s’habituer, de s’arrêter, alors que chaque jour est une promesse et que demain sera à la mesure de notre désir de l’accueillir et de la construire. Le récit de la pêche miraculeuse lié à l’appel des disciples dans l’Evangile de Luc est le seul qui invite à pêcher en eau profonde, et donc plus au large. A l’échec de l’activité professionnelle s’oppose la réussite sur l’ordre de Jésus. C’est encore vrai aujourd’hui. Les marins-pêcheurs qui veulent une bonne pêche quittent les côtes et s’enfoncent vers le large. Un autre appel de Jésus correspond à celui-là lorsqu’il demande à ses disciples, après sa Résurrection, de proclamer l’Evangile jusqu’aux extrémités de la Terre. Ce qui est merveilleux c’est que notre foi ne pourra jamais nous laisser satisfaits. Elle ne peut être vivante que si nous acceptons de quitter les sûretés de la terre ferme pour le risque du grand-large. Alors elle sera vraiment le souffle de notre vie.


03.02.2019
Voici ta mère
Auteur : Père Vincent Massengo

Pendant trois jours nous revisitons la place de la Vierge Marie dans l'histoire du Salut. Nous pouvons rapprocher la foi de Marie à celle d'Abraham que l'apôtre des nations appelle "notre père dans la foi" (Rm 4, 12). En effet, dans l'économie du Salut révélée par Dieu, la foi d'Abraham représente le commencement de l'ancienne alliance. La foi de Marie à l'annonciation inaugure la Nouvelle Alliance. Comme Abraham, "espérant contre toute espérance, crut et devint ainsi père d'une multitude de peuples" (Rm 4, 18), de même Marie, par son "FIAT", devient la "Fille de son Fils" et ouvre pour nous la filiation adoptive. Marie est la Mère de l'Eglise : "Femme, voici ton fils...voici ta mère" (Jn 19, 26-27). Désormais "toutes les générations me diront bienheureuse" (Lc 1, 48). En ce dimanche, la Charité peut être le fil conducteur de notre méditation. Être charitable en respectant la vie dès sa conception. En effet, chaque vie est une phrase pour la gloire de Dieu et le Salut de l'Homme. Être charitable à l'appel de Dieu par une obéissance gratuite et fidèle à sa mission. Abraham et la Vierge Marie peuvent encore nous édifier. Être charitable à l'égard de ceux qui sont étrangers à notre foi, notre pays, notre famille et notre appartenance politique. Car la Gloire de Dieu c'est l'homme vivant. Elie et Elisée ont rendu Dieu présent par leur charité chez les non-juifs, les étrangers. La prophétie d'Isaïe que Jésus s'applique consiste à devenir Bonne Nouvelle pour l'Humanité. Car ce qui nourrit la vie chrétienne, "c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité". Alors, devenons ce que nous sommes.


26.01.2019
Donner un sens à l’Ecriture
Auteur : RANDRIAMANANA Paul

Donner un sens à l’Ecriture, c’est l’actualiser. Il s’agit en effet de comprendre comment la parole de Dieu qu’on vient de lire et écouter agit aujourd’hui dans notre monde, dans notre société, dans la vie de l’Assemblée ecclésiale et dans la vie de chacune et chacun des membres de l’Eglise. C’est ce que le peuple de l’Ancienne Alliance, sous la conduite de Néhémie et Esdras a fait, d’après la première lecture de ce troisième dimanche du temps ordinaire : « Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens et l’on pouvait comprendre ». Jésus a agi ainsi dans la Synagogue de Nazareth, tel que le rapporte l’Evangile selon saint Luc de ce dimanche. Ayant lu un passage du livre d’Isaïe, il remit le livre au servant et puis il s’adressa à l’assemblée : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre. » Il actualisait l’Ecriture en révélant que c’est Lui l’accomplissement de ce que le prophète a annoncé. L’Ecriture trouve son sens en sa personne. L’Eglise retient cela comme tradition à chaque célébration. Plus particulièrement dans la célébration Eucharistique, les différentes lectures sont suivies de l’homélie où, sous l’inspiration de l’Esprit Saint, l’Eglise témoigne de la réalité vivante et de l’actualité permanente de la parole de Dieu. Elle a un sens pour nous aujourd’hui dans notre célébration et dans notre vie quotidienne. Par ailleurs, l’Eglise étant un corps vivant est nourrie par cette Parole divine.


19.01.2019
Ils n’ont plus de vin !
Auteur : Roger AFAN, op.

Le passage de l’Evangile de ce dimanche rapporte une scène qui est située « à Cana de Galilée », lors d’un mariage. Nous pouvons y voir le signe que le Dieu de Jésus aime la joie de vivre, la fête entre amis, le plaisir du partage. Le signe de Cana nous rappelle la manière dont une vie vide, finie, éteinte peut retrouver élan, vitalité, et devenir “vin nouveau”. Il s’agit en particulier d’un message d’espérance pour tous les couples humains. En effet, ce qui est arrivé lors des noces de Cana, se produit dans tout mariage. La vie en couple commence dans l’enthousiasme et la joie. Mais cet enthousiasme initial, comme le vin à Cana, se consume au fil du temps et vient à manquer. On fait alors les choses non plus avec amour et joie mais par habitude ou par devoir. Si l’on n’est pas attentif, une sorte de nuage de grisaille et d’ennui risque de s’abattre sur la famille. Il faut également dire, avec tristesse, de ces couples : « Ils n’ont plus de vin ! ». De façon générale, l’épisode des noces de Cana nous invite à passer de l’eau au vin, d’une vie sans goût à une existence passionnée et passionnante d’amour et de miséricorde. Quel est le vin qui nous manque, qui manque à notre prochain, qui manque à notre monde ? Quel est ce vin nécessaire à notre joie évangélique ? Il incombe à chacun de nous de laisser ces questions descendre en lui-même et interroger sa vie.


12.01.2019
Nous sommes tous aimés de Dieu !
Auteur : Père Rhod Sakani

Sur les rives du Jourdain, Jean-Baptiste annonce la fin de sa mission, c'est que le maitre est là. Un temps nouveau commence, le temps ordinaire. Après le baptême de Jésus, la liturgie ne proposera plus de méditer sur les évènements qui marquèrent les premières années de la vie de Jésus. Il est fini ce temps de l'enfance, l'heure de la maturité a sonné le glas de la vie paisible de raboter le bois à Nazareth.     Jésus avait-il besoin de recevoir le baptême de Jean qui était un baptême de conversion ? Assurément non puisqu'il est sans péché. Mais Dieu demeure un excellent pédagogue qui pour édifier et instruire son peuple emprunte ses chemins, les vit et les partage. Au cœur de ce baptême de Jésus, des mots venus du Père résonnent au plus profond de nous : "Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi je trouve ma joie". Il y a plus de 2000 ans, ces paroles s'adressaient directement à Jésus. Aujourd'hui c'est à chacun de nous qu'elles s'adressent. Oui mes frères et sœurs, certains évènements amers de la vie nous font perdre espoir et nous donnent le sentiment d'être mal aimés de Dieu, d'être abandonnés de Lui. C'est l'occasion de nous rappeler l'amour inconditionnel et inconditionné que Dieu a pour chacun de nous. Et cet amour tellement profond nous fait entrer dans l'intimité du cœur de Dieu au point où il nous dit personnellement "Toi, tu es mon Fils …" cela déduit une relation personnelle avec Dieu que Jésus inaugure pour l'humanité. Une relation faite d'amour et de joie. Cette parole de Dieu est à accueillir humblement dans notre cœur. Notre monde a plus que besoin de cet amour et de cette joie qui, grâce à la prière de Jésus, nous ouvrent le ciel.     Chacun en ce jour est invité à revoir ses engagements baptismaux pour retracer un nouvel itinéraire qui nous aide à retrouver la voie voulue par Dieu pour chacun de nous.


05.01.2019
Des vœux au grand large
Auteur : Père Bernard Heudré

La joie qui nous est donnée en ce début d’année est de nous tourner vers celles et ceux avec qui nous voulons échanger des vœux. Qu’y a-t-il de plus beau que deux regards qui se rencontrent, deux mains qui se tendent, deux cœurs qui s’enlacent ! Pourtant, il serait dommage que nos vœux soient à diffusion restreinte, voire calculée. En cette fête de l’Epiphanie, la Parole de Dieu nous invite à hisser le périscope ou à prendre la longue vue : nos vœux doivent s’élargir au plus large, sans frontières et sans limites. Il suffit de regarder les visages qui forment notre rassemblement dominical, de prendre conscience que le monde entier prend sa place parmi nous, pour rendre grâce de la réalisation de la parole de l’Apôtre Paul : « Toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile » (Ephésiens 3, 6). Quelle magnifique définition de l’Eglise : • héritage, non à gaspiller mais à faire fructifier, • partage de la Bonne Nouvelle donnée par le Christ, avec la largesse de la parabole du semeur, • ouvrage, auquel nous sommes tous invités à nous atteler car la vitalité de l’Eglise est à la mesure de la vitalité de notre foi et de notre amour partagé. Méditons au long de cette année cette parole de notre pape François : « La prière a de la valeur si elle alimente un don de soi quotidien par amour. Notre culte plaît à Dieu quand nous y mettons la volonté de vivre avec générosité et quand nous laissons le don reçu de Dieu se traduire dans le don de nous-mêmes aux frères » (Soyez dans la joie et l’allégresse, n°104). Bonne direction pour nos vœux !


28.12.2018
De la Sainte Famille de Nazareth à notre famille
Auteur : Père Paul Randriamanana

C’est dans le rayonnement de la joie de Noël que nous célébrons en ce dimanche la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. C’est donc, le prolongement de la fête de la naissance de l’Emmanuel : Dieu avec nous. La fête affermit notre foi en l’humanité de Jésus Christ. Le verbe s’est incarné dans une famille. Le fils éternel du Père devient fils du couple Marie et Joseph et il « grandissait en sagesse, en taille et en grâce » dans le milieu social de Nazareth. La sainteté de cette famille de Nazareth repose sur la présence de Dieu sous leur toit. La sainteté ne s’invente pas. Elle est donnée. C’est l’Enfant Dieu, que le couple a accueilli avec une foi ferme et dans l’obéissance du cœur, qui sanctifie cette famille. Ainsi la présence de Dieu était réelle, sincère, et très familiale. Nous avons entendu le dialogue de la famille lors de la retrouvaille au temple : « Mon enfant pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant » disait Marie à Jésus. La réponse de Jésus est inattendue : « Ne saviez-vous pas qu’il faut être chez mon Père ». Et dans le foyer de Nazareth « Il leur était soumis ». La famille est habitée par Dieu. Si la famille chrétienne est appelée « église domestique », c’est parce qu’elle est centrée sur la Personne de Jésus à l’exemple de la Sainte Famille. Nombreux dans le monde sont les foyers chrétiens chez lesquels sont écrits noir sur blanc sur le mur : « Jésus est le Chef de cette maison ». Que cela devienne chez nous une réalité vivante à travers la prière familiale, la tendresse, la compréhension mutuelle, la solidarité et le pardon. Ainsi notre famille sera sanctifiée.


21.12.2018
La grâce de Noël sur notre monde
Auteur : Père Roger AFAN, op.

Au milieu des épreuves de la vie, et spécialement des contradictions que l'homme expérimente en lui et autour de lui, Marie, Mère du Christ, nous dit que la grâce est plus grande que le péché, que la miséricorde de Dieu est plus puissante que le mal. Malheureusement, chaque jour, nous faisons l'expérience du mal, qui se manifeste de nombreuses manières dans nos relations et dans les événements. Comme hier, aujourd'hui et demain, Dieu accompagne ceux qui, modestement, participent à l’histoire du salut des hommes. Ce ne sont pas forcément ceux dont le nom fait la une des journaux qui font avancer le monde ; c'est la multitude des hommes au milieu desquels Dieu habite qui dessinent l'avenir. C'est au sein de ce peuple que Dieu a pris forme humaine en Jésus Christ : « Le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous » (Jn 1, 14). Nous allons bientôt fêter la naissance de notre Sauveur. Nous avons encore le temps pour finir de nous préparer à l’accueillir. Pourquoi ne prendrions-nous pas l’engagement de consacrer un temps où nous laisserions Dieu venir nous visiter, et déposer dans le secret de notre cœur le message d’amour qu’Il nous réserve pour ce Noël 2018 ? Si nous tenons tous cet engagement, la fête de Noël ferait l’effet d’une explosion de joie et de Paix dans tous les cœurs qui voudraient bien s’ouvrir à la Grâce de Noël.


15.12.2018
Soyez dans la joie
Auteur : Père Paul RANDRIAMANANA

Cette exhortation de Paul aux Philippiens vient frapper la porte du cœur de chacun de nous en ce troisième dimanche de l’Avent. Cette joie n’est pas une gaité superficielle ni une rigolade. Elle devrait être une force intérieure animée par l’espérance de rencontrer le Seigneur qui est déjà proche, précise saint Paul dans la 2ème Lecture. C’est aussi la joie du cœur renouvelée par l’écoute de l’enseignement du prophète au bord du Jourdain raconté dans l’Evangile. Touché par cet enseignement, le peuple, rempli de joie, se convertit spontanément avec la volonté d’aller plus loin en se demandant ce qu’il devrait faire. C’est donc une joie qui nous pousse à nous engager pour en faire bénéficier aussi l’autre. Elle s’inscrit dans la ligne du partage qui est l’un des thèmes clés de notre préparation à la célébration de la naissance du Christ. Lui qui, à son tour, nous « baptisera dans l’Esprit et le feu » afin que notre joie soit parfaite. Cette joie est celle de Dieu disait Sophonie le prophète dans la 1ère Lecture. Il n’a pas hésité à rassurer le peuple de Dieu : « Ne craint pas, Sion ! Ne laisse pas tes mains défaillir ! Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est lui, le héros qui apporte le salut il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il exultera pour toi et se réjouira, comme aux jours de fêtes ». Oh que c’est beau de voir Dieu en exultation devant son peuple ! Sa joie est inexprimable en voyant son peuple renouvelé par sa Parole, en train de marcher à sa rencontre. Ce sera la joie de Noël. Elle jaillira de la rencontre de Dieu avec son peuple. Noël c’est Dieu avec nous. C’est pourquoi, soutenu - moi aussi - par cette espérance, avec l’Apôtre Paul, je le redis : « Soyez dans la Joie ! ».


08.12.2018
Préparez le chemin du Seigneur 
Auteur : Roger AFAN, OP.

La liturgie de ce deuxième dimanche de l'Avent nous rappelle que la venue du Messie n'est pas qu'un événement historique, mais aussi un fait quotidien, un fait d'hier mais davantage d'aujourd'hui et non moins de demain. Chaque jour écrit une page de l'histoire de notre salut comme ce fut le cas au temps de Jean Baptiste. La parole de Jean, « Préparez le chemin du Seigneur », est pour nous une exhortation à un véritable renouvellement de vie. En cette deuxième semaine de l’Avent, laissons-nous toucher par cet appel pour nous remettre en question, redresser nos mauvais penchants et changer de cap. En effet, que de trous, de ravins ou même d’abîmes à combler en nous ! Le temps de l’Avent nous est proposé par l’Eglise pour tracer bien droit le chemin par lequel le Seigneur viendra dans notre cœur. Si depuis le début de cet Avent, nous n’avons encore rien entrepris en ce sens, il serait grand temps de nous demander : voulons-nous vraiment que le Christ vienne en nous ? Le désirons-nous de tout notre cœur ? Pendant ces quelques jours qui nous séparent de Noël, mettons de l’ordre dans notre cœur ! Débarrassons-le de tout ce qui l’encombre, car plus nous le viderons et plus le Seigneur pourra le combler. Invitons-le, à venir chez nous, poussons ce cri de l’Avent : « Viens, Seigneur Jésus, viens, ne tarde plus… »


02.12.2018
Préparons les chemins du Seigneur !
Auteur : Père Rhod SAKANI

Après la solennité du Christ Roi de l’Univers, dimanche passé, solennité qui a clos en même temps l’année liturgique B, nous voici aujourd’hui au 1er dimanche de l’Avent qui inaugure une nouvelle année liturgique, l’année C. Ce rythme liturgique cyclique pourrait, si l’on ne fait attention, nous faire glisser dans une vraie routine sans incidence sur notre foi. Or cet enchainement liturgique devrait plutôt, chaque année, nous permettre de revivre et d’habiter les saints mystères de la vie du Christ dans l’aujourd’hui de notre foi et nous préparer ainsi à le rencontrer un jour. L’Avent vient du latin « adventus » qui signifie avènement, venue. Oui il s’agit de la triple venue du Christ : celle de l’évènement inouï de Bethléem (Noël), celle de chaque jour dans nos vies par sa grâce et enfin celle de son retour glorieux à la fin des temps comme nous le proclamons dans l’une des formules de l’anamnèse : « Il est grand le mystère de la foi… Nous attendons ta venue dans la gloire ». Il s’agit donc d’une venue qui se réfère au passé, au présent et à l’avenir. Et cette venue nécessite un temps d’attente. Et ce temps est celui de la vigilance et de la conversion, chemins que le Seigneur nous propose pour l’accueillir. Vigilance dans la prière : telle est la consigne que le Seigneur nous donne au début de ce temps fort. Il s’agit d’intensifier notre attachement à Lui par une vie de prière conséquente. Le Christ lui-même ne nous a-t-il pas dit « Veillez car vous ne savez ni le jour ni l’heure. (Mt 25, 13) Conversion : c’est l’autre consigne que le Christ nous donne. Il s’agit d’un changement radical et qualitatif de notre vie ; oui il faut que l’homme ancien meure en nous et que naisse l’homme nouveau. La parole de Dieu qui retentira en chaque liturgie dominicale redira la nécessité ou l’urgence de la conversion : « que dois-je convertir de ma vie ? ». Alors engageons-nous sur le chemin de la vraie conversion.


24.11.2018
Ma royauté n’est pas de ce monde
Auteur : P. RANDRIAMANANA Paul

En ce 34èmedimanche du temps ordinaire, nous célébrons la solennité du Christ Roi. Cette solennité clôt l’année liturgique mais en même temps, elle donne le top d’une nouvelle année qui commencera par le premier dimanche de l’Avent dimanche prochain. Cette continuité est symbolique car elle nous explique que l’histoire de l’humanité trouve son origine et son terme dans le Christ Roi. Il est le Roi de notre histoire. L’Evangile d’aujourd’hui fortifie notre foi en ce que nous célébrons. C’est Jésus en personne qui nous révèle la nature de sa royauté à travers sa réponse à la question de Pilate de savoir s’il est roi. Il a répondu « C’est toi-même qui dis que je suis roi …». Oui, il est Roi. Mais avant tout, Il a bien défini que « ma royauté n’est pas de ce monde ». Sa royauté n’est pas de ce monde. Parce que son titre de roi exprime sa nature divine. Le Christ est Roi car il est Dieu. Il est le fils du Père Tout Puissant. C’est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre. « Roi de l’univers », II règne sur tous les peuples et sur toutes les nations. Sa royauté n’est pas de ce monde car son autorité est différente du pouvoir humain où se jouent le rapport de force, les défenses des intérêts. C’est un pouvoir divin qui se fonde sur la vérité, c’est-à-dire en Dieu Lui-même et qui se décline à un pouvoir de service. Il n’a aucun intérêt à défendre sauf le salut de toute l‘humanité. C’est pourquoi, il domine le monde non pas par la force des armées mais par la Croix, non pas par la haine mais par la miséricorde. Sa royauté n’est pas de ce monde. Car il ne veut pas régner tout seul. En vertu de notre baptême, Il nous a fait un peuple de rois pour instaurer avec lui son règne dans ce monde qui est règne de vie et de vérité, règne de grâce et de sainteté, règne de justice, d’amour et de paix. Nous répondons positivement à cet appel si nous écoutons sa parole, si nous reconnaissons sa puissance et acceptons qu’il règne dans notre vie. Ainsi nous régnerons avec Celui qui est l’Alpha et l’Omega de notre histoire. Amen.


17.11.2018
 Soyons toujours prêts
Auteur : Père Rhod SAKANI

Biens aimés du Seigneur, Nous célébrons aujourd’hui l’avant dernier dimanche de l’année liturgique B qui sera close avec la solennité du Christ-Roi de l’Univers dimanche prochain. C’est tout naturellement évident que les textes liturgiques proposés à notre méditation en ce jour portent essentiellement sur les fins dernières puisque chaque année liturgique a pour but principal de nous préparer à vivre notre ultime rencontre avec le Seigneur dans son banquet éternel. Le ton utilisé dans ces textes, particulièrement la première lecture et l’Évangile frôle un peu la peur, la panique, la catastrophe … « après une grande détresse, le soleil s’obscurcira, et la lune ne donnera plus sa clarté, les étoiles tomberont du ciel et les puissances célestes seront ébranlées… » A première vue, ces paroles de Jésus semblent teintées d’un réel pessimisme et d’un visage effroyable et terrifiant de Dieu. Mais elles sont plutôt une véritable invitation à la vigilance prophétique, c’est-à-dire à une attitude conséquente et conforme aux exigences de la Parole de Dieu. Ces mots et ces phrases adressés à nous sont une vraie alerte appelée à nous réveiller du sommeil de la vie. Plutôt que de nous enliser dans la peur et dans l’incertitude, apprenons chaque jour et sans cesse à être prêts à rencontrer le Seigneur qui peut venir de manière inattendue car, comme le dit Jésus lui-même : « Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père. »


03.11.2018
D’abord écouter
Auteur : Père Bernard Heudré

« Ecoute Israël… » Dans la première lecture comme dans l’Evangile nous est lancé cet appel à l’écoute. Il me parle particulièrement en ce moment où je dois garder le silence et ensuite ménager ma voix. Bien sûr, la parole est un don qui nous est fait pour communiquer, échanger, partager. Un don qui nous parait tout naturel quand on n’’en est pas privé. Mais est-ce qu’il n’y a pas trop de paroles qui peuvent finir en bavardage ? toute parole prend sa vraie mesure dans le silence de l’écoute. C’est la condition même pour que les mots prennent leur poids et leur sens, c’est la condition aussi pour que notre agir ne devienne pas de l’activisme. Ce « Ecoute Israël… » repris par Jésus était la profession de foi principale de la religion d’Israël, récité encore aujourd’hui deux fois par jour par les juifs, le matin et le soir, et qui accompagne la vie tout entière du croyant. Lorsque Jésus cite ce passage du Deutéronome, il le fait pour répondre à la question d’un scribe qui, contrairement à ce qui se passe souvent, ne vient pas lui tendre un piège. Clairement, cet homme manifeste le désir d’aller à l’essentiel : se mettre à l’écoute de Dieu. Pour nous, cette écoute de Dieu nous la vivons dans la lecture attentive de sa Parole, une écoute qui ne se paye pas de mots mais engage profondément dans un amour du prochain. En sachant que l’amour, au nom trop souvent galvaudé, exige attention vraie à l’autre, disponibilité du cœur, en sachant prendre le beau risque de l’aventure de la relation à l’autre. La vitesse est l’ennemie de l’amour qui exige patience, écoute vraiment donnée.


26.10.2018
Seigneur, fais que je voie
Auteur : Père Roger AFAN, op.

A la sortie de Jéricho, Jésus croise un homme aveugle, dont on connaît même le nom, ou plutôt le nom du père, puisque Bartimée signifie tout simplement, « le fils de Timée ». A l’occasion de sa rencontre avec Jésus, l’aveugle formule une demande : « Seigneur, fais que je voie ». Cette demande procède de la pauvreté radicale d'un mendiant aveugle, qui n'a d'autre appui que la foi en Jésus. La réponse de Jésus à la supplique de l’aveugle nous montre que Dieu exauce notre prière à sa manière, mais souvent au de-là de ce que nous avons demandé. Bartimée voulait retrouver la vue : Jésus le guérit, mais en plus il lui donne le salut ; il lui dit : « va, ta foi t’a sauvé ! ». L’aveugle guéri a su apprécier ce don et, pour demeurer à proximité de cette présence qui sauve, il devient disciple de celui qui lui a changé la vie et se mit à suivre Jésus. La vie de ce mendiant va être totalement bouleversée par cette rencontre. Il était toujours « assis au bord de la route » - on dirait aujourd’hui un marginal - ; après cette rencontre, il va « suivre Jésus sur la route », il va devenir un vrai disciple ! Jésus nous invite toujours à le suivre à travers une expérience de compassion et de miséricorde. A l’exemple de Bartimée, tournons-nous vers Jésus qui peut guérir les blessures de notre vie, et combler le vide de nos cœurs. Que notre prière exprime notre désir profond de suivre le Christ, même si la route qu’il prend mène à la passion et à la mort, car sa mort sur la Croix est le chemin de la gloire de la résurrection et de la vie éternelle.


20.10.2018
Non pour être servi mais pour servir
Auteur : Père Francklin Gracia, spsj

Il est toujours bon d’aspirer à quelque chose toujours plus grand. C’est important car « celui qui n’a pas d’avenir, n’a pas d’histoire non plus ». Chacun est invité à écrire chaque jour une page nouvelle de son histoire. Mais Jésus nous invite d’une manière particulière à entrer dans son histoire de même qu’il est entré dans la nôtre en prenant le chemin de l’humilité. Voilà ce à quoi il nous invite tous comme il a invité les deux fils de Zébédée : Jacques et Jean, eux qui voulaient les premières places dans le royaume. L’occasion nous est donnée pour nous regarder en vérité : dans mes responsabilités, suis-je un serviteur ou celui qui sait tout ? Dans un monde où les meilleures places sont recherchées en vue de dominer l’autre, cela fait partie de la vanité humaine. Mais Jésus nous invite à aller à contre-courant, à nous faire serviteur. Il a lui-même donné l’exemple en lavant les pieds de ses disciples. Nous sommes nous aussi invités à mettre nos capacités, nos qualités au service des autres. Car nos compétences sont une grande possibilité que nous avons pour aider l’autre. Il est donc important que nous identifiions ces compétences et qualités. Ce sont peut-être un simple sourire, un conseil, une parole d’encouragement. Servir nos frères et sœurs ne consiste pas à faire de grandes choses mais à faire quelque chose de grand. Que le Seigneur nous donne de répondre chaque jour à sa mission là où nous sommes. Nous avons la mission de témoigner de notre foi et de notre espérance auprès de tous en nous mettant au service du Christ, en servant nos frères et sœurs. Nous pouvons nous laisser enseigner par le Christ qui nous ouvre le chemin de l’humilité. Que nous trouvions notre joie dans le service des autres en particulier les plus petits.


13.10.2018
Que dois-je faire ?
Auteur : Père Roger AFAN, op.

Comme dans les passages de ces derniers dimanches, Marc poursuit l’enseignement de Jésus sur les exigences requises pour devenir son disciple. Dans le passage de ce dimanche, nous pouvons retenir trois éléments essentiels : l’appel du jeune homme riche, la difficulté d’entrer dans le royaume des cieux, et la récompense accordée à ceux et celles qui suivent le Christ. Sans condamner la richesse, Jésus rappelle qu’elle peut devenir un obstacle sur le chemin de la vie chrétienne. De fait, l’histoire du jeune homme riche se termine mal ! « L’homme devint sombre et tout triste ». Et la parole désabusée de Jésus : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! » Il s’agit non d’une condamnation, mais la constatation d'un risque inhérent à la possession des biens matériels : ceux-ci peuvent occuper entièrement le cœur et prendre la place de Dieu. Jésus invite d’abord et avant tout au dépassement. Pour l’homme riche, se dépasser eût été de se détacher de ses trop grands biens. Pour d’autres, ce sera d’oublier des titres et des réussites en affaires ou en politique, de changer la façon de traiter les autres, de corriger le manque de générosité, l’égoïsme, la paresse, etc. L’important est de se libérer, chacun à sa façon, pour suivre le Christ. En effet, nous ne pouvons suivre Jésus, nous ne pouvons l’aimer véritablement tant que nous restons attachés à nos possessions humaines, tant que nous gardons le souci exagéré de nous-mêmes.


06.10.2018
Le permis et le prescrit
Auteur : Père Roger AFAN, op.

L’expérience nous enseigne que dans les couples, toutes sortes de situations déplorables se développent : ça ne fonctionne pas toujours comme on l’avait prévu. Ainsi, durant la vie du couple, surviennent infidélité, oppression, violence, incompréhensions et silences mortels. Il en résulte des séparations et des divorces. Cette rupture entraîne des résultats souvent pénibles pour le couple et pour les enfants. Par ailleurs, certains couples ne se séparent pas toujours ; mais on ne se parle plus, on refuse de se pardonner, de se réconcilier, de reprendre le dialogue. La bonne nouvelle d’aujourd’hui se trouve dans les attitudes et les valeurs que Jésus nous propose sur le mariage. Pour notre Seigneur, les personnes sont toujours plus importantes que les institutions. Il s’occupe avant tout des personnes, au lieu d’accuser et de lancer des pierres. Jésus traite tout le monde et surtout les pécheurs avec une infinie tendresse. Sans doute, «Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu Il le créa, homme et femme Il les créa.» C’est là l’idéal rappelé par le Seigneur sur l’institution du mariage. Mais il est toujours plein de tendresse pour tous, y compris les divorcés et les partenaires de mariages brisés. En renvoyant au projet originel du Créateur, Jésus nous rappelle que ce qui est « permis » dans le but de limiter les abus, ne doit pas nous détourner de ce qui est « prescrit », c'est-à-dire de ce qui correspond à l’appel fondamental de Dieu pour l’homme et la femme.


22.09.2018
Dieu donne sa grâce aux humbles
Auteur : Père Roger AFAN, op.

Jésus surprend ses disciples en train de discuter pour savoir qui est le plus grand parmi eux. A l'évidence, ils n'ont encore pas bien compris ce que veut dire être disciple de Jésus. Ils n’ont pas compris qu'il leur faudra, comme leur Maître, devenir serviteurs de tous, y compris des membres les plus petits et les moins estimés, selon un renversement radical des valeurs recherchées dans les sociétés humaines. Car la vraie grandeur, selon l’Évangile, est de se faire le dernier de tous. Non par une humilité trop voyante, mais simplement en se mettant en position de servir. Quand on ne se soucie plus d’être le plus grand, on s’ouvre à l’accueil, même du plus petit. Accueillir un frère au nom de Jésus, c’est lui faire une place dans notre vie. Nous sommes tous invités à entrer dans cette dynamique de l’accueil et du service.   Les occasions ne manquent pas. Même les petits services sont importants : servir à table, remplacer un compagnon de travail pour un temps, offrir un café, visiter un malade, aider un enfant à faire son devoir, céder une place assise dans le bus, faire les courses pour une personne âgée, prendre le temps d’écouter une personne angoissée...  Seuls, le service rendu et l’accueil des plus petits donneront de la valeur à notre vie aux yeux de notre Seigneur.


15.09.2018
Pour vous qui suis-je ? 
Auteur : Père Rhod Sakani

Voilà une question taraudante et lancinante que Jésus pose à ses disciples et à nous aujourd’hui dans le cadre d’une enquête sur son identité. Une question difficile voire complexe dans la mesure où l’identité d’une personne a toujours été un ‘’mystère’’, une réalité enfouie dans l’être le plus profond de chaque homme et souvent confondue aux seules apparences qu’il donne. Et qui plus est, il s’agit de l’identité de l’homme-Dieu. Eprouvé par les limites du langage humain mais surtout et heureusement inspiré par l’Esprit du Seigneur, Pierre fait une belle profession de foi qui traverse toutes les époques et tous les temps en réponse à la question de Jésus : « Tu es le Christ ». Ce titre royal à première vue a une connotation politique avec toutes les conséquences possibles de tout pouvoir humain qui écrase, domine et fait hisser à une vaine gloire. Et justement conscient de ce danger, Jésus indique le vrai sens de sa royauté qui passe plutôt par le chemin de l’humilité, de l’humiliation, de la passion, de la croix et de la mort. Et croire pour nous en ce Christ, c'est-à-dire professer notre foi en ce Sauveur, c’est accepter cette nouvelle logique de vie qui nous propose de prendre notre croix et de suivre Jésus. Oui la croix est mise au cœur de ce chemin qui finalement exige de chaque chrétien un véritable esprit de sacrifice, d’abnégation et un saut dans l’inconnu. Ce chemin s’oppose à toutes sortes de facilité souvent présentées comme des raccourcis de la vie ; croire en ce Christ et donc accepter la croix, c’est apprendre chaque jour de notre existence que la vie n’est pas faite que de roses mais aussi d’épines, de réussite mais aussi d’échec, de joie mais aussi de tristesse etc … Ce n’est qu’en comprenant ces paroles que nous pourrions finalement répondre à la question de Jésus : « Pour vous qui suis-je ? » Puisse le Seigneur nous aider à reconnaitre notre croix, à la porter et à le suivre chaque jour en mettant toute notre confiance en Lui.


30.06.2018
Du courage de quitter à la joie d’appartenir 
Auteur : Père Rhod Sakani

Nous célébrons aujourd’hui, en date différée, la fête des bienheureux Pierre et Paul. Une occasion d’immense joie pour notre paroisse qui a Saint Pierre pour Saint patron : c’est bien donc notre fête patronale. L’un et l’autre, selon leur charisme, ont été choisis et appelés par Dieu pour annoncer son règne. Deux personnes, de tempérament bien différent, mais qui pourtant ont conjugué leurs efforts pour la même œuvre du Seigneur. Notre foi est une foi apostolique dans la mesure où elle est fondée sur le témoignage des apôtres. Et qui plus est, ces deux apôtres sont reconnus comme les colonnes de notre Eglise. Dans ce sens, célébrer Pierre et Paul, c’est avant tout rendre grâce au Seigneur qui les a chargés de sa bonne nouvelle parvenue jusqu’à nous. Célébrer Pierre et Paul, c’est se rappeler que dans l’Eglise du Christ nul ne peut devenir chrétien en choisissant l’enfermement, la solitude. Nous ne sommes chrétiens qu’avec les autres. Célébrer Pierre et Paul, c’est se rappeler que Dieu peut se servir même de nos faiblesses pour transformer le monde. Pierre a trahi son maître pendant son procès et Paul a persécuté son Eglise pendant longtemps. Pourtant Dieu les a choisis comme ils étaient pour en faire ses bras, ses mains et ses pieds qui ont apporté l’Evangile au monde. Comme quoi, frères et sœurs, « Dieu écrit droit sur des lignes courbes ». Célébrer Pierre et Paul, morts martyrs, c’est prendre et reprendre conscience que servir le Christ nous expose au martyre. Mais qu’il nous faut pour cela cultiver sans cesse un attachement indéfectible à Dieu par une vie de prière qui s’exprime dans la charité et la miséricorde. Baptisés dans le Christ, nous sommes appelés tous et chacun à travailler pour l’avènement et l’enfantement d’un monde nouveau où l’amour devient le maitre mot qui anime et qui habite ceux et celles qui ont accepté de suivre le Christ. Paul et Pierre ont tout quitté pour suivre Jésus. Qu’ils prient pour notre Eglise afin qu’elle trouve sans cesse des hommes et des femmes qui pérennisent l’œuvre de Dieu.


25.06.2018
Aimé dès le sein maternel 24/6/2018
Auteur : Père Bernard Heudré

Comme il est bon d’entendre que dès le sein maternel s’écrit notre histoire humaine ! Une naissance n’est pas un accident de l’histoire comme on aurait parfois tendance à le penser aujourd’hui. Une naissance n’est pas un calcul destiné à satisfaire un besoin, parfois en méprisant les lois naturelles.
Non, lorsque s’annonce la naissance d’un enfant, c’est une histoire qui prend forme. Dès lors, comment considérer un avortement comme un acte banal !
La liturgie de cette fête de saint Jean Baptiste nous fait aller s’incliner devant le sein de deux futures mères.
Celui de la mère d’Isaïe qui sait qu’elle va mettre au monde un enfant, sans pouvoir imaginer son destin exceptionnel, rien moins qu’ « une flèche acérée », rien moins que « la lumière des nations ». Désormais Dieu n’est plus l’apanage d’un peuple, celui d’Israël, pour lequel le prophète pense s’être « fatigué pour rien ». Sa récompense sera de se voir confier une mission infiniment plus large, celle d’être « lumière des nations. »
Le sein d’Elisabeth ensuite où l’enfant bondit d’allégresse lors de la visitation de Marie. Jean Baptiste, avant de prendre la parole, a déjà accueilli Jésus, le Verbe, dans le sein de Marie.
Magnifique rencontre que celle de ces deux futures mères qui ne portent rien moins que l’avenir du monde, le salut incarné en Jésus, annoncé par Jean Baptiste, le Précurseur.
Alors que nous sommes au solstice d’été, avec le jour le plus long de l’année, laissons-nous envelopper par la Lumière qui traverse nos obscurités et portons-la largement autour de nous.
Père Bernard Heudré




16.06.2018
De la semence à la maturité
Auteur : Diacre Francklin Gracia, spsj

Le Salut que Dieu offre à l’homme dépasse le temps et l’histoire. Mais c’est au cœur de cette histoire qu’il agit afin que l’homme puisse le découvrir peu à peu. Jésus nous aide à comprendre le royaume dont il est la personnification comme un processus. Un processus qui invite à la patience. Pour cela, il utilise l’image de l’agriculture avec toutes ses étapes nécessaires : semence, croissance, maturité. Très souvent quand nous voyons un grand arbre, nous ne pensons pas spontanément à la première étape de sa vie : la semence. Pourtant cette étape est indispensable. Les agriculteurs savent bien que s’ils veulent récolter de bons fruits, la première chose à faire c’est de semer. Les plantes grandissent, puis portent du fruit. Mais ni la croissance ni la récolte ne dépendent du semeur. D’ailleurs, il constate tout simplement que les plantes grandissent et portent de fruits. Ainsi, la puissance de Dieu fait naître son œuvre et veut faire grandir son royaume en nous. Il nous faut être tout simplement dans une attitude d’accueil comme la terre qui accueille une semence qui est destinée à germer, croître afin de porter du fruit. Il y a un grand contraste dans la deuxième parabole de l’évangile d’aujourd’hui. Il s’agit d’une petite graine de moutarde qui devient une plante impressionnante. Jésus veut nous rappeler que la grâce de Dieu dépasse notre logique humaine. Prenons-nous assez de temps pour faire mémoire des grâces reçues ? Qui que tu sois, la grâce de Dieu peut te rejoindre. Tu te sens trop faible, trop petit ? Le Seigneur te dit « ma grâce te suffit ». Nul n’est trop loin pour Dieu ; et surtout n’est perdu pour Dieu. Chacun de nous est capable d’accueillir les dons de Dieu dans sa vie. Il suffit de nous ouvrir à la présence aimante de Dieu. Dans notre vie, nous avons toujours besoin de progresser. N’oublie pas, un vélo ne tient pas l’équilibre tout seul sinon que lorsqu’il avance. Alors, avançons ensemble en gardant notre équilibre dans le Seigneur qui nous fait grandir et porter du fruit comme une semence jetée dans une terre fertile. Qu’en nous s’élève, fructifie et s’achève le royaume de Dieu.


11.06.2018
Du temps pour se décider
Auteur : Père Bernard Heudré

« Décide-toi ! » Est-ce que nous n’avons pas prononcé cette parole face à quelqu’un qui hésite, ne sait pas s’il doit entrer ou sortir ?
Si nous prenons le temps de relire notre vie, très rapidement nous constatons qu’elle a été construite par les choix que nous avons su faire, certains étant déterminants, comme celui du mariage, du ministère sacerdotal, de la vie consacrée, de la profession…
Lorsque nous voyons les relations que Jésus tisse avec ceux qu’il rencontre, nous remarquons aussitôt qu’il demande une décision claire et nette « Viens, suis-moi ! » Avec lui, pas de demie mesure. Il ne force personne. Il attend seulement la vérité de l’engagement.
Bien sûr, il dérange, au point que ses proches affirment : « Il a perdu la tête ». A tous, y compris Marie, il a fallu du temps pour découvrir qui il était vraiment. Lorsqu’ils viennent le rencontrer avec, comme saint Marc le dit plus loin, le secret désir de le ramener à la maison, ils n’osent pas le voir face à face. L’évangile nous dit qu’ils restent au-dehors et se servent d’intermédiaires pour l’interroger.
Alors Jésus regarde ceux qui sont assis autour de lui, premier visage de l’Eglise, et il a cette magnifique affirmation qui devrait nous réjouir tous car il nous appelle tous à cette relation : « Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère ».
Entrons dans cette vie de famille que Jésus nous invite à vivre avec lui et avec son Père. Ayons à cœur d’accompagner les enfants qui aujourd’hui font leur Première Communion pour que jamais celle qui est la première ne devienne la dernière.

Père Bernard Heudré