Éditorial

misc
25.02.2017
« On ne peut servir Dieu et l’argent »
Auteur : Père Roger AFAN, O.P

Ces propos risquent de sembler scandaleux aux chômeurs qui ne peuvent plus nourrir leurs familles ni leur fournir les moyens de se protéger du froid. Pourtant, si l’on écoute attentivement les propos de Jésus, on s’aperçoit que son regard n’est pas dépourvu de sagesse. Ce qui paraît de l’insouciance cache peut-être un vrai secret quand on prend au sérieux les propos qui encadrent le discours. Au départ on nous avertit : « On ne peut pas servir Dieu et l’Argent. » Au terme on nous indique le chemin à suivre pour que tout soit donné à chacun : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice et tout viendra par surcroît. » Par conséquent, dans le discours de Jésus, deux mots doivent particulièrement retenir notre attention : « souci » et « foi ». Le mot « souci » désigne un mouvement qui tourne vers soi-même : « le souci de prolonger sa vie », le souci de savoir de quoi on va pouvoir se nourrir ou se vêtir, « le souci du lendemain ». Mais ce terme s’oppose à un autre : « hommes de peu de foi. » La foi désigne la confiance en autrui et cette confiance est pure quand elle s’oriente en même temps vers Dieu et vers nos proches. Par-delà toute concurrence, nous sommes appelés à vivre dans la confiance mutuelle ; alors autrui aura souci de nous comme nous aurons souci de lui. Nous vivrons du mystère de Dieu et de son Royaume.


25.02.2017

Auteur :




18.02.2017
L’AMOUR PLUS FORT QUE LA HAINE …
Auteur : Père Jean Perrin

L’actualité ne cesse de nous rappeler les désastres que produit le cycle infernal de la violence. Le mal entraîne le mal, la haine entraîne la haine. Le Christ aujourd’hui nous propose de répondre au mal par le bien, à la haine par l’amour afin d’être vraiment les fils de notre Père qui est aux cieux. « Vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Chemin impossible, pure utopie me direz-vous !!! Un ami incroyant, lorsqu’il traverse une épreuve, me dit souvent : « Tu as de la chance Jean, tu as choisi le chemin de la facilité et de la sécurité, un bon Dieu qui t’aime comme un Père, qui te protège, qui te rassure, cela rend la vie plu simple et plus facile. » Pourtant en accueillant l’évangile de ce dimanche, c’est bien le sentiment contraire qui m’habite … « Aimez vos ennemis, dit Jésus, si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui l’autre. » Il ne s’agit bien sûr de prendre au pied de la lettre l’ordre de se couper le pied ou la main pour éviter le scandale, de tendre l’autre joue quand tu reçois une gifle. D’ailleurs, quand Jésus est giflé par un garde, il réplique dignement : « Si j’ai mal parlé, montre en quoi ; si j’ai bien parlé pourquoi me frappes-tu ? » Comment appliquer un tel enseignement qui semble donner libre cours à la violence dans le monde ? Jésus condamne-t-il toute forme de résistance ? Non, je crois plutôt qu’il nous invite à rechercher les formes d’une non-violence active, comme l’ont compris Gandhi ou Martin Luther King qui disait aux racistes de son pays : « A votre capacité d’infliger la souffrance, nous opposerons notre capacité d’endurer la souffrance. Faites ce que vous voulez et nous continuerons à vous aimer. » Pour Jésus, l’amour qui va jusqu’au bout est le seul antidote efficace contre le mal. Si nous voulons guérir de notre propre violence, il nous faut sortir de ce cycle où la seule réponse au mal est un autre mal. Il nous faut lutter contre l’opinion qui réclame toujours plus de répression. La haine et la rancune emprisonnent, seul l’amour libère : « Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent. » C’est en suivant ce chemin que vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait.


11.02.2017
Si votre justice ne surpasse pas celle des Scribes et des Pharisiens,
Auteur : Père Arsène Dosso

Frères et Sœurs en Christ, Notre Seigneur Jésus-Christ nous invite à un dépassement dans notre conception de la justice. La justice se présente en général comme un principe moral de la vie sociale fondé sur la reconnaissance et le respect du droit des autres qui peut être le droit naturel (l’équité) ou le droit positif (la loi). Ben Sirac le Sage dans l’Ecclésiastique invite le croyant à « l’observance des commandements de Dieu » pour hériter de la vie. Cette « Sagesse du mystère de Dieu » selon Saint Paul, nous ouvre à une maturité dans la foi. Et notre foi au Christ nous fait l’obligation de dépasser la conception littérale de la loi pour en scruter au-delà, l’esprit de la loi. C’est à juste titre que Jésus selon Saint Matthieu, sans abroger, ni déroger les normes du décalogue, se présente comme son terme, voire son accomplissement. Ne dit-on pas qu’il est la dernière parole de Dieu aux hommes ? (Cf. He 1, 2) En ce jour, la Sagesse nous oblige à nous unir à l’Action de grâce du Père Joseph Lecoq en ses 50 ans de vie sacerdotale. « Cinquante » années de joie et surtout de souffrance à la suite du Christ, « Cinquante » années de dur labeur et surtout d’humilité dans l’exercice du sacerdoce ministériel et enfin « Cinquante » années à contempler le mystère du salut à l’œuvre dans cette fragilité de la condition humaine. Père Joseph, Joyeux Anniversaire !!!


04.02.2017
Que votre lumière brille devant les hommes !
Auteur : Père Jean Gaston RALAY NIRINA

Jésus, après avoir, dans les béatitudes, caractérisé ceux qui sont enfants de son royaume et leur avoir prédit d'inévitables persécutions dans un monde ennemi de Dieu, (versets 10-12) veut leur faire sentir maintenant (versets 13-16) tout le sérieux de leur position, la grandeur de leur vocation, afin que, loin de se laisser abattre par l'opposition, ils n'en deviennent que plus courageux et fidèles pour exercer la sainte influence qu'ils sont appelés à avoir. Ils sont parmi les hommes le sel, la lumière. La lumière : elle n'est à nous que lorsque nous nous la sommes appropriée d'une manière vivante, alors elle luit d'elle-même devant les hommes qui voient, non pas seulement des doctrines ou des opinions religieuses, mais nos bonnes œuvres, tout l'ensemble d'une vie chrétienne, la sainte vérité dont le caractère est essentiellement moral et pratique. Les hommes qui verront ces œuvres, glorifieront le Père qui est dans les cieux, auquel ils seront forcés d'attribuer le témoignage d'une vie sanctifiée. La vocation des enfants du royaume est d'être le sel de la terre, qui ne doit jamais perdre sa saveur, la lumière du monde, qui ne doit jamais être cachée. Que cette lumière luise donc à la gloire de Dieu ! Amen


28.01.2017
La Présentation de Jésus au Temple : lumière, souffrance et joie
Auteur : Père Gérard Guitton

En ce dernier dimanche du mois de janvier, nous célébrons en la paroisse de la cathédrale la fête de la Présentation du Seigneur au Temple rapportée dans l’évangile de saint Luc, et qui termine le temps de Noël, 40 jours après le 25 décembre. C’est un Triduum marial que nous avons commencé vendredi et qui s’achève aujourd’hui. Le thème en a été « En chemin avec Marie ». Ce vendredi nous avons suivi Marie qui se mettait en route pour visiter sa cousine Elisabeth, et samedi elle nous a montré comment il nous faut supporter les conditions difficiles de la vie quand il n’y a pas de place dans l’hôtellerie de nos vies pour accueillir le Sauveur comme le soir à Bethléem. Mais aujourd’hui nous célébrons en même temps une fête de lumière et de souffrance. La lumière est celle de l’Enfant Jésus porté par les bras de Syméon qui laisse éclater sa joie d’avoir vu le Sauveur comme il le désirait avant de mourir et de disparaître comme tous les prophètes anciens. Et c’est à la Vierge Marie que Syméon transmet la parole essentielle annonçant déjà la souffrance de la Passion de son divin Fils. Mais en souffrant la Passion dans son cœur de mère, elle révèle au monde, en espérance, la Résurrection du Sauveur. Pour cette raison la fête de la Présentation est pour nous aujourd’hui une fête de lumière et de joie.


20.01.2017
Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. 
Auteur : Père Jean Perrin

Sur le lac de Galilée, un jour comme tant d’autres, des pêcheurs vaquent à leurs occupations : amener la barque au large, préparer les filets, les lancer avec adresse et les amener lourds de poissons. Sur le rivage, un homme marche. C’est Jésus qui, voyant les frères Pierre et André, Jacques et Jean au travail, les invite à le rejoindre : « Venez, dit-il, venez derrière moi ! » Et il fait suivre son appel d’une promesse bien peu ordinaire pour ces humbles Galiléens : « Je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Pêcheurs, ils le sont déjà de père en fils. Mais pêcheurs d’hommes ? Surpris là, au milieu de leur vie de tous les jours l’appel de Jésus touche pourtant leur cœur. Heureuse rencontre où Dieu fait soudain irruption dans la vie de l’homme et déjà ils ne sont plus tout à fait les mêmes. Quittant leurs filets et leur barque, c’est-à-dire leurs moyens de subsistance, ils se lèvent et se mettent aussitôt en marche derrière celui qui proclame : « Le Royaume des cieux est tout proche. » Aujourd’hui encore le Christ appelle, certains plus particulièrement, et leur fait la même promesse : « Venez derrière moi et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Après Pierre, André et tant d’autres, ces apôtres des temps modernes avancent leur barque au milieu du monde mais désormais c’est à une autre profondeur que celle du lac de Galilée qu’ils pêchent car il leur faut atteindre au milieu de nombreux autres messages le cœur des hommes. Comme Jacques et Jean, ils lancent un filet non plus fait de chanvre qui emprisonne et qui tue, mais un filet tissé avec amour par le Père. Un filet de tendresse qui amène à la lumière, à la liberté et à la vie tous ceux qui consentent librement de se laisser prendre tout entier, car ce filet est tissé par la Parole de Dieu, Bonne Nouvelle pour nos vies. Cependant cette Bonne Nouvelle proclamée en Eglise ne s’adresse pas seulement à quelques privilégiés, mais bien à tout homme, qui veut l’accueillir. C’est bien pour chacun de nous que retentit aujourd’hui la voix du Christ qui nous dit : « Viens, tourne sans cesse ton cœur vers moi et suis-moi. » Surgissant là au beau milieu de nos vies d’homme, l’appel du Christ garde toute sa puissance. N’attendons plus, levons-nous et mettons-nous ou remettons-nous en marche à sa suite ; laissons-nous emmener avec confiance par celui qui est lui-même le Chemin et la Vie. Il nous conduit au bonheur du Royaume, qui se fait tout proche en sa personne.


13.01.2017
Voir venir
Auteur : Père Bernard Heudré

« Je te vois venir » : ce peut être une expression utilisée envers quelqu’un dont on devine les intentions sans nécessairement bien les comprendre. C’est l’expérience que fait Jean-Baptiste telle qu’elle est rapportée au début de l’évangile de ce dimanche : « Voyant Jésus venir vers lui ». Ce verbe « voir » est utilisé à plusieurs reprises, toujours par Jean, installé alors sur les bords du Jourdain pour y exercer sa mission. La rencontre avec Jésus a été pour lui déterminante, à tel point que par deux fois il déclare : « Je ne le connaissais pas ». On pourrait être surpris par cette affirmation. Quand on sait la force des relations familiales dans le monde juif, Jean-Baptiste avait dû passer une grande partie de son enfance avec Jésus. Mais n’est-ce pas une expérience que nous avons faite nous-mêmes à l’égard d’un proche, d’un ami ? Dans un sens positif ou dans un sens négatif, d’ailleurs : « Vraiment je n’aurais jamais cru ça de lui ! » Accepter de se laisser surprendre, étonner, est la condition même de toute vraie relation. Jamais nous ne pouvons cerner complètement quelqu’un, même à l’intérieur du couple. Il y a toujours, et c’est heureux, et c’est indispensable, le jardin secret qu’à aucun prix il ne faut forcer. C’est tellement beau de savoir laisser la porte ouverte à la découverte de l’autre. Cette rencontre entre Jean-Baptiste et Jésus a été riche pour l’un comme pour l’autre. A plusieurs reprises, Jésus dit son admiration pour Jean qui, aujourd’hui, nous fait cet aveu : « Oui, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. » Si chacun de nous pouvait toujours être le « Jean-Baptiste des autres ! »


07.01.2017
Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? 
Auteur : Père Roger AFAN, OP.

Les Mages se sont mis en route, ils suivent l’Etoile, ils ne savent pas, ils questionnent. Ils cherchent le salut en lisant dans les étoiles. Dieu va se servir d'une étoile pour leur faire découvrir le Sauveur. Sans doute, ce n’est pas la seule façon d'aller vers le Christ. Mais dans les Évangiles, personne d’autre n’arrive au Christ par les astres, ni les bergers qui vont aux aussi à la crèche, ni les apôtres, ni Marthe, ni le Centurion. C’est bien que Matthieu commence son Évangile par ces mages d’Orient. Leur pratique est ce qu’il y a de plus étranger à l’Évangile. Elle nous dit que si même des mages arrivent à trouver le Christ avec leur méthode, nous devrions y arriver nous aussi, pour peu que nous cherchions effectivement. Il y a donc bien des façons d’aller à la rencontre du Christ, chacun selon sa sensibilité, ses dons, son histoire et sa vocation. Ces mages nous apprennent que pour trouver le salut de Dieu qu’incarne le Christ, l'essentiel est d'avancer vers lui et de se laisser toucher, transformer par lui. L’étoile évoque un des multiples moyens possibles d’avancer vers le lieu où la Parole de Dieu nous est donnée. Elle s’efface quand les mages arrivent au but qu’est le Christ. Les mages connaissent alors une grande joie ; l’étoile ne leur sera plus utile. Ils n’auront pas non plus besoin de rester scotchés au Jésus de l’histoire, mais, ayant trouvé auprès de lui un lien direct avec Dieu, ils pourront rentrer chez eux par un autre chemin, transformés.