Éditorial

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18.02.2018
Un Père toujours à découvrir
Auteur : Père Bernard Heudré

Un Père toujours à découvrir


09.02.2018
Quand la sainteté fagocite le péché 
Auteur : Père Rhod Sakani

Dimanche dernier, nous méditions sur la visite de Dieu en son fils Jésus à son peuple. Il était question de guérisons multiples. En cela, nous voyions le doigt de Dieu qui vient faire reculer le mal. Aujourd’hui, nous ne sommes pas loin de cette dynamique quand Jésus choisit de faire non seulement un face-à-face avec un exclu, mais ose toucher celui qui, selon la loi, est impur et contaminé. Cette mise en quarantaine exigée par la loi faisait des concernés des sortes de morts sociaux. La lèpre faisait du malade un mort - vivant. Cette lèpre pourrait être aujourd’hui identifiée au péché sous toutes ses formes. Dans le contexte de cet évangile, face à cette lèpre, nous assistons à une double violation : l’une par le malade de la lèpre et l’autre par Jésus. L’homme de l’évangile brise son interdiction d’approcher les personnes saines et Jésus non seulement accepte cette proximité mais aussi prend l’initiative de toucher le lépreux. Oui, frères et sœurs, lorsque la pureté même se trouve en face de l’impureté, c’est en d’autres termes, la sainteté qui se retrouve en face du péché. De cette relation de forces contraires, il faut que l’une soit plus grande pour entrainer l’autre. Bien évidemment, c’est le Seigneur qui porte en Lui la pureté suprême, il n’a pas peur de se faire contaminer, au contraire c’est Lui qui va contaminer l’autre. Ainsi symboliquement le lépreux représente l’humanité pécheresse ayant perdu sa dignité à cause des compromissions multiples. Jésus, signe visible de l’amour et de la miséricorde du Père Céleste, est venu pour nous sauver du péché. Que la Vierge Marie, Notre Dame de Lourdes fêtée en cette date du 11 février, jour où avec vous je célèbre le sixième anniversaire de mon Ordination sacerdotale, nous apprenne chaque jour à oser aller vers son Fils sans hésitation et sans calculs mais tels que nous sommes. Seigneur Jésus, de toute ton humanité, Tu es venu chercher, guérir et sauver ceux qui étaient perdus, malades et pécheurs. Prends pitié de nous qui avons recours à Toi. Fais-nous revenir à Toi et aide-nous à reconnaitre notre péché. Amen.


03.02.2018
Trois jours pour (re)dire notre confiance en Marie
Auteur : fr. Xavier Loppinet, dominicain

Comme chaque année, pendant trois jours, nous nous retrouvons à Saint-Sauveur autour de Marie, Notre-Dame des Miracles et des Vertus. Cette statue devant laquelle brillent tant de cierges (comme une perpétuelle chandeleur !) veille sur la ville de Rennes depuis des siècles, comme elle veille sur chacune de nos vies. Il est étonnant de voir comment la confiance en Marie est une des données de la foi chrétienne qui se transmet de génération en génération de façon très naturelle, sans qu’il y ait besoin de faire de grands discours.             « Désormais, tous les âges me diront bienheureuse » chante Marie, prophétiquement, dans son Magnificat. On peut l’entendre comme : « Tous les siècles me chanteront » (ce qui est vrai) mais aussi entendre « générations » au niveau d’une famille. Ainsi, entre une grand-mère ou un grand-père et ses petits-enfants, par le seul exemple, la confiance à Marie se transmet souvent très simplement. Marie, par toutes les confidences qu’elle entend, fait évidemment partie de nos familles !             Que Marie transforme nos histoires de familles en histoires saintes !             Le premier des Miracles est cette confiance incessante en elle, depuis les serviteurs de Cana, qui l’ont entendu dire à propos de son Fils : « Faites tout ce qu’il vous dira », jusqu’à nous-mêmes. Cette confiance en Marie est un cadeau de Dieu. Entendre Marie, c’est suivre le Christ.


26.01.2018
Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité.
Auteur : Père Jean PERRIN

La mise en scène de Marc, pour présenter cette journée type de Jésus se situe naturellement un jour de sabbat, à la synagogue de Capharnaüm où Jésus se rend, avec les premiers disciples appelés pour enseigner. Or ses paroles sont entendues par les juifs présents comme un enseignement nouveau donné avec autorité. On notera que l’accent du récit ne porte pas sur le contenu, mais bien sur l’effet produit sur les personnes présentes : elles sont frappées d’étonnement et elles sont toutes frappées de stupeur devant l’enseignement nouveau qu’elles entendent si différent de celui des scribes commentateurs habituels. L’enseignement de Jésus ce ne sera jamais un enseignement habituel car il se montre efficace, en joignant l’acte à la parole. « Tais-toi et sors de cet homme ». « L’esprit impur le fit entrer en convulsion, puis poussant un grand cri sorti de lui ». On situe mieux l’étonnement et la stupeur des gens. Dès lors la renommée de Jésus se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée. L’autorité de Jésus étonne car il se comporte en envoyé de Dieu, avec une parole efficace. L’homme tourmenté dira même : « je sais qui tu es, le Saint de Dieu ». Jésus l’interpelle vivement « tais-toi ! ». Dans cette situation, on réalise que le SAINT DE DIEU dispose de la puissance divine. Ce premier miracle nous révèle ce que Jésus vient faire parmi les hommes : obliger le mal à se révéler mais aussi le contraindre au silence et à sortir de l’homme. Comme disent les gens de Capharnaüm, voilà un enseignement nouveau proclamé avec autorité. Une Bonne Nouvelle qui les fera vivre autrement. Voici donc de quoi nous interroger à notre tour, en nous disant avec le psalmiste : « Aujourd’hui ne fermez pas votre cœur mais écoutez la voix du Seigneur ».


06.01.2018
Dieu de partout
Auteur : Père Bernard HEUDRE

Je me souviens de l’une des premières questions du catéchisme questions-réponses que nous apprenions par cœur : « Où est Dieu ? Dieu est partout, au ciel, sur la terre et en tout lieu. » Ainsi nous était rappelé que Dieu ne se laisse pas enfermer dans nos catégories humaines du temps et de l’espace, pas plus que dans notre seul horizon social, intellectuel et spirituel. La grande découverte que nous révèle la Bible, de la première à la dernière page, c’est la progressive découverte par le peuple d’Israël, grâce au message des prophètes et plus encore de Jésus, que Dieu ne fait pas de différence entre les hommes et les appelle tous au salut. Mais, en même temps, passez-moi l’expression, Dieu a les pieds sur terre. C’est ce que nous célébrons dans ce temps de Noël. Par l’enfant de Bethléem, Dieu a plongé dans notre humanité. Il vient marcher avec nous, vivre au plus près nos expériences humaines, partager nos peines et nos joies, nos convictions et nos incertitudes. Dieu à la fois le Tout-Autre et le Tout-Proche. N’est-ce pas un merveilleux message à accueillir en ce début d’année nouvelle ? Certes, nos vœux veulent rejoindre les désirs ressentis par ceux à qui nous les présentons, mais ils ne peuvent se cantonner à cela. Ils doivent rejoindre le sens profond de la bénédiction du pape donnée à l’occasion des grandes fêtes : « Urbi et orbi – A la ville et au monde ». Dieu a le regard large et nous invite à adopter le même regard, un regard qui cherche à aller partout car c’est là qu’il est présent.


22.12.2017
Un chemin d’annonciation
Auteur : Père Bernard Heudré

En écrivant le titre de cet éditorial je me suis arrêté. Fallait-il le pluriel ou le singulier pour parler de ce qui est au cœur de l’Evangile de ce jour ? Car des annonciations, il y en a d’autres dans la Bible. D’abord au livre des Juges (13, 1-5) celle qui annonce la naissance de Samson. Il y a l’ange du Seigneur, l’annonce à une femme stérile de la naissance d’un fils et la résistance de celui-ci à une occupation étrangère, celle des Philistins. Il y a ensuite, aux premières pages du Nouveau Testament, l’annonciation à Zacharie de la naissance de Jean Baptiste, celui qui prépare la route au Seigneur et déclare, comme l’a rappelé l’Evangile de dimanche dernier : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas » (Jean 1, 26) ; puis l’annonciation à Joseph (Matthieu 1, 18-25) qui obéit à la demande de l’ange de prendre chez lui Marie et ainsi inscrit Jésus dans une généalogie ; et enfin l’annonciation par excellence, celle à Marie, celle qui est le véritable but de toutes les autres. Mais au fait, est-ce que l’expression devenue habituelle est bien juste ? N’est-ce pas être fidèle au message de l’ange que de parler de l’annonciation de Jésus car la pointe du récit ne porte pas sur la personne de Marie mais sur la naissance du Fils de Dieu. Certes Jésus ne peut se passer de sa mère mais c’est lui que vient annoncer l’ange : « Tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus ». La vénération de Marie a toute sa place dans notre foi chrétienne mais n’oublions jamais qu’elle se définit elle-même comme « La servante du Seigneur ». C’est à la fois son humilité et sa grandeur.


25.11.2017
Fêtons le Christ, Roi de l’univers
Auteur : Père Jean Perrin

En célébrant le dernier dimanche de l’année liturgique, nous fêtons « le Christ, Roi ». Cette fête a été instaurée dans un contexte historique particulier, entre les deux guerres mondiales. L’étendard du Christ Roi galvanisait les mouvements d’action catholique et la liturgie servait de tremplin. Heureusement la réforme du Concile Vatican II en a infléchi l’orientation quelque peu triomphaliste en ajoutant au titre « de l’univers » et en diversifiant les lectures des trois années. En cette année A, nous trouvons une riche variété d’accents :
L’insistance dans la première lecture sur le Roi berger de son peuple. Désormais nous dit Ezéchiel : C’est le Seigneur lui-même qui va devenir le berger. « C’est moi qui ferai paître mon troupeau… ».
Saint Paul dans la deuxième lecture nous parle du pouvoir royal du Ressuscité.
Enfin le jugement de tous les peuples, autre fonction royale traditionnelle.
Ces accentuations ne s’excluent évidemment pas, elles se complètent et doivent être situées dans la perspective de la venue du Seigneur : « Jésus parlait à ses disciples de sa venue. Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire … ».
Matthieu nous révèle un aspect essentiel du jugement dit «dernier», l’identification du Christ avec celui qui manque du nécessaire pour vivre.
En disant « c’est à moi que vous l’avez fait », le Roi est désormais le pauvre, l’affamé, l’étranger, le prisonnier, le malade… Et si le verdict est pour demain, c’est aujourd’hui que tout se joue dans la relation à l’autre.
Celui qui est venu pour que le monde ait la vie poursuit sa logique jusqu’au bout. Il attend que ses sujets soient au service de la vie dès maintenant. L’important c’est maintenant, Mère Térésa disait : « Hier n’est plus, demain n’est pas encore. Nous n’avons qu’aujourd’hui. Commençons ».
Père Jean PERRIN




19.11.2017
Les talents, fausse monnaie ?
Auteur : Père Bernard Heudré

Ne nous y trompons pas, le mot « talent » est un mot piégé. Dans notre langage courant, il veut dire les dons naturels à déployer au service du Seigneur et des autres, ce qui conduit à interpréter cette parabole dans un sens moralisateur, tentation à laquelle il est si facile de céder.

Il faut d’abord rappeler le contexte dans lequel Jésus prononce cette parabole. Nous sommes à la fin de l’évangile de Matthieu. Dans les chapitres 24 et 25, Jésus nous délivre un discours consacré à la Venue du Fils de l’homme et à l’attitude à adopter dans l’attente de son jour, discours qui culmine dans le célèbre tableau du Jugement dernier que nous entendrons dimanche prochain.

Avec la parabole des talents, nous sommes invités à prendre dès aujourd’hui notre part à l’avènement du Royaume en accueillant les dons de Dieu, symbolisés par ces fameux talents qui, dans le langage de la parabole, désignent une unité monétaire. Le talent, à l’époque où parle Jésus, représente une masse d’environ 26 kg d’or ou d’argent. Même un seul talent représente déjà une petite fortune.

Le maître qui part en voyage désigne le Christ. Les serviteurs sont ceux qui le suivent : les apôtres, les disciples, nous aujourd’hui. La somme « remise à chacun selon ses capacités » n’est donc pas un faire-valoir mais une mission, l’Evangile à annoncer, le trésor par excellence, la vraie monnaie.

Que cette parabole entendue aujourd’hui soit donc pour nous une interpellation qui doit nous maintenir dans une vigilance active ! Quel est mon engagement pour le Royaume de Dieu dont je dois servir la croissance dans le temps de l’histoire ? En outre, en cette Journée mondiale des pauvres voulue par le pape François, quelle est mon attention et mon service des pauvres ?

Père Bernard HEUDRE




04.11.2017
Ils disent et ne font pas
Auteur : Père Jean PERRIN

Dans son discours à la foule et aux disciples, Jésus commence par reconnaître que les autorités visées enseignent bel et bien dans la chaire de Moïse. La haute dignité dont ils sont investis est pleinement reconnue ainsi que le contenu de leur enseignement. « Tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le ». Néanmoins, le comportement de ces autorités contraste de manière flagrante par rapport à leurs paroles : « Ils disent et ne font pas ». Jésus condamne : • l’hypocrisie de leur comportement. Car ils ont plus souci de sauver les apparences que de se convertir en profondeur à la Loi qu’ils édictent. • l’inhumanité de leur légalisme, au point qu’ils ne peuvent eux-mêmes suivre les préceptes qu’ils imposent. • l’orgueil de leur suffisance qui les fait mépriser les petits et se croire propriétaire du salut. Typique, la prière du pharisien de la parabole sur ce plan : « Seigneur, je te remercie de ce que je ne suis pas comme les autres hommes qui sont... Moi... je... ». « Moi... je... ». Qui de nous ne s’est jamais surpris à être parfois un peu Pharisien ? Il ne s’agit pas de nier nos capacités, nos talents, nos aptitudes, il s’agit de ne pas en faire un tremplin pour être élevé. « Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé ». Oui, le Christ nous invite à rectifier notre regard ou plutôt à appendre à voir. Le plus grand, donc le plus honorable, le plus respectable c’est celui qui a le plus le sens du service ; et il faut tout faire pour acquérir cette vraie grandeur. Tout talent à moi, confié, tout don reçu doit fructifier, non pour ma propre gloriole ou ma vaine gloire, mais pour un meilleur service de mes frères. Nous n’avons qu’un seul maître pour nous enseigner, c’est le Christ dont l’autorité est exclusivement tournée vers le service, le pardon, la guérison. Jésus nous redit sans cesse que ce qui nous sauve, c’est l’amour inconditionnel de Dieu notre Père. Que notre seul signe c’est la croix ; notre seul titre, enfants de Dieu.