Éditorial

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23.06.2017
Ne craignez pas, je suis avec vous jusqu’à la fin des temps...
Auteur : P..Jean PERRIN

Jérémie comme Paul et Jésus lui-même nous parlent aujourd’hui de situation de conflits et de menaces : hostilité et persécution, mort et vie ... Mais c’est chaque fois pour nous inviter à ne pas craindre et même appeler à la joie. Le contraire de la foi n’est pas l’incrédulité, ni l’athéisme, mais la peur. Jésus a bien raison en envoyant ses Apôtres en mission de les mettre en garde. « Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu ». De la même manière que le Fils met en lumière la vérité du Père par l’action de l’Esprit, les apôtres sont appelés à dévoiler l’œuvre de la Bonne Nouvelle dans le monde. Peut-être se trouveront-ils parfois comme Jérémie face à une opposition qui cherche leurs failles et traque leur erreurs pour les pousser à la faute : «Tous mes amis guettent mes faux pas». Cependant Jésus ne les invite pas au conflit mais à faire la vérité pour manifester la valeur et la dignité de toute vie : «Vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux». Aujourd’hui à la messe de 10 h 30, 28 enfants vont communier pour la première fois. Vous souvenez-vous de votre première communion ? Pas seulement du décorum, mais de ce que vous avez ressenti, éprouvé. Une première fois, c’est toujours important dans l’existence d’un être. Ce mélange de crainte, d’appréhension et aussi de joie, de bonheur. C’est toujours important, parce que c’est comme une naissance, un engendrement. Une réalité qui n’existait pas, quelque chose ou quelqu’un que l’on ne connaissait pas surgit dans notre histoire. Mais il y a aussi les premières fois qu’on nous a racontées, de celles-ci nous ne nous en souvenons pas très bien, mais nous savons qu’elles ont existées. La première fois où vous vous êtes redressés pour risquer un premier pas, pour aller à la rencontre de ceux qui vous aiment. La première fois où vous avez ouvert la bouche pour dire papa, maman, pour entrer en relation à l’autre. On a pu nous en parler, nous les décrire et nous avons découvert qu’il y avait comme un plus, plus de vie, plus de joie. Si bien que nous n’étions plus comme avant. Quelque chose en nous avait changé, d’ailleurs il est facile de repérer un avant et un après autour d’une première fois. J’aimerai vous décrire davantage cette rencontre avec Jésus dans l’hostie, mais je ne le peux pas parce qu’elle est différente pour chacun de nous. Elle est faite de tout ce que nous savons, de tout ce que nous connaissons de lui ; mais surtout elle est faite de tout ce que le Seigneur nous révélera de LUI. La veille de sa mort en instituant le pain en son corps, Jésus ne voulait pas seulement nous donner des espèces à consommer une fois en passant ; il voulait qu’en nous rassemblant le Jour du Seigneur pour partager le Pain et la Parole, nous devenions son corps, une communauté fraternelle, une communion. Le véritable mystère de notre foi, c’est dans le fait qu’en partageant le pain eucharistique nous devenions de plus en plus son corps.


16.06.2017
Il est grand le mystère de la foi
Auteur : Père Roger AFAN, OP.

Il y a huit jours nous avons célébré la fête de la sainte Trinité, portant nos regards vers le mystère d’un Dieu qui est dans son unité même communion du Père, du Fils et de l’Esprit. Or ce Dieu en qui nous croyons, dont le mystère est tellement au-delà de tout ce que nous pourrions imaginer, s’est rendu proche de notre humanité, au point de nous rejoindre en son Fils qui est venu partager notre condition humaine. Pour accomplir l’amour du Père, le Fils s’offre à nous dans le sacrement de l’eucharistie. En effet, à la source de l’eucharistie, il y a l’offrande que le Christ a faite de sa personne pour nous et pour la multitude. Mais l’eucharistie n’est pas simplement le rappel de ce que le Christ a vécu en donnant son corps et son sang. Elle est en même temps nourriture pour nous. C’est ce qui fait de l’eucharistie un si grand mystère. Chaque fois que nous accueillons en vérité le pain et le vin, devenus corps et sang du Christ, nous recevons la grâce de lui être unis au plus intime de nous-mêmes. Demandons à Dieu qu'Il nous donne de Le respecter et de L'aimer assez fortement pour nous laisser toujours conduire par Lui, pour que la communion au corps et au sang du Christ transforme toute notre vie. Que la fête de ce jour soit pour nous l’occasion de contempler à nouveau le don inouï dont est porteur le sacrement de l’eucharistie.


09.06.2017
La Sainte Trinité : Père et Fils et Esprit Saint
Auteur : Jean Gaston RALAY NIRINA

Chers amis, nous avons achevé la fête pascale par la célébration de la Pentecôte dimanche dernier et nous entrons dans le temps ordinaire. Aujourd’hui, l’Eglise célèbre la Sainte Trinité. Nous savons bien qu’il n’y a pas de mot Trinité dans la Bible mais on y voit les mots Dieu ou Père, Jésus ou le Fils et l’Esprit Saint. C’est à partir de ces 3 noms et surtout à partir des leurs œuvres d’amour et d’unité que l’Eglise a formulés le mot Trinité. Dans l’Evangile d’aujourd’hui, Dieu a envoyé son Fils, pour que, par lui, le monde soit sauvé, Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Dieu a tellement aimé : cet amour est le principe et la source suprême du salut. Il a aimé le monde, ce monde déchu, pécheur, en révolte contre lui ; il a aimé notre humanité tout entière à laquelle il destinait cette manifestation de son amour. Il a donné, non seulement envoyé, mais abandonné, ce qu'il avait de plus cher, son Fils unique, il l'a livré pour nous tous. Amen.


03.06.2017
De la peur à l’audace …
Auteur : Père Jean PERRIN

Les Apôtres, après les évènements de Pâques, se trouvent paralysés par la peur, incapables de faire quoi que ce soit. Certains même sont peut-être tentés de tout oublier et de recommencer une nouvelle vie ailleurs, sous d’autres cieux, avec d’autres Dieux ! Toujours est-il lorsqu’arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours après Pâques, les apôtres se trouvaient réunis tous enPère Jean PERRINsemble, barricadés à l’intérieur de la maison par peur. La peur c’est parfois aussi notre expérience quotidienne. Tant les clameurs du monde se font prégnantes : La clameur des migrants, contraints d’abandonner leur terre d’origine, nous interroge et nous inquiète … ; Le cri des victimes et de ceux qui se sont enfermés dans la violence, nous feraient oublier « le chemin de la vie » pour nous faire croire qu’il n’y a plus qu’un « chemin de mort » ; La clameur des pauvres, toujours plus esclaves d’un système économique qui creuse de plus en plus l’abîme entre ceux qui ont et ceux qui n’ont rien. La clameur de la terre, elle-même épuisée par une exploitation et une instrumentalisation des ressources … Il nous faut prendre la mesure de toutes nos peurs, de toutes nos angoisses, si nous voulons comprendre ce qui se passe en ce jour de Pentecôte et entrer dans l’espérance qui va naître du don de la paix et de l’effusion de l’Esprit. « La paix soit avec vous ! » Il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. » Cette effusion de l’Esprit qui ouvre de nouveaux chemins, il nous faut la demander et l’accueillir. Oui, ouvrons-nous à ce souffle de l’Esprit. Laissons-nous envahir et emmener par ces chemins nouveaux. Laissons-nous guider par l’Esprit-Sait qui fait toutes choses nouvelles, qui guérit ce qui est blessé, assouplit ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rend droit ce qui est faussé. Le chemin parcouru par les disciples de la peur à l’audace peut devenir notre chemin à travers nos angoisses, nos doutes, nos lassitudes et nos découragements. La difficulté, c’est que dans le contexte qui est le nôtre, nous sommes plutôt envahis par la peur de l’autre, le besoin de se rassurer, de se protéger, de se barricader, de rester chez soi. Oui, reconnaissons-le humblement nous sommes plutôt tentés de nous calfeutrer dans nos certitudes et nos manières de faire qui ont, en leur temps porté des fruits, mais nous oublions que le Christ nous donne sa paix et nous envoie. Tout au long de l’Evangile, Jésus lui-même ne cesse d’appeler ses disciples à rejoindre le large, à jeter les filets en haute mer, à quitter les ports pour aller sur d’autres rives, à ne pas regarder en arrière, à passer son chemin pour aller vers d’autres villages. Notre pape François parle souvent « des périphéries et d’aller vers elles… des ponts à bâtir et non des murs. » En cette fête de Pentecôte, écoutons le Christ nous dire : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie et je vous donne ma Paix. »


26.05.2017
Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glo
Auteur : Père Arsène Dosso

Après la célébration de l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ, l’Eglise nous invite à méditer sur la profondeur de sa prière dite « sacerdotale ». Cette prière a pour but essentiel « la glorification » du Père par le Fils et la communion de ses disciples au mystère de sa Passion et de sa Résurrection. Dans cette péricope, Saint Jean l’évangéliste présente Jésus dans une attitude de prière toute particulière à l’heure de sa passion : Il prie en s’adressant à Dieu son Père pour lui-même, pour ses disciples et pour tous les croyants, afin de les réconforter. La prière est motivée par le fait que le Christ allait quitter le monde corporellement, alors que ses disciples resteraient seuls dans ce monde. Pour suppléer à cette absence, il prie le Père de les faire entrer dans la dynamique de la « vie éternelle » qui consiste à « connaître le seul vrai Dieu, et celui qu’il a envoyé, Jésus Christ » par la puissance de l’Esprit Saint. Cette prière devient un enseignement nouveau sur le mode de relation que le disciple du Christ devra entretenir avec Dieu. Cette heure de la passion est aussi l’heure de la glorification, où ceux qui se disent « adorateurs » du Christ, doivent maintenant l’adorer « en Esprit et en Vérité » (Cf. Jn. 4, 23). C’est à travers une « communion aux souffrances du Christ » pour le bien comme dit saint Pierre, que le Christ continuera d’être glorifié en Nous. Prions pour que l’Esprit de Dieu nous aide à vivre en chrétien.


19.05.2017
Un bon avocat
Auteur : Père Bernard Heudré

Dans le tourbillon des évènements qui se succèdent à vitesse accélérée, face à toutes les sollicitations qui nous sont faites, accompagnées de promesses aussi incertaines qu’illusoires, il est facile de perdre pied et ne plus savoir à quel saint se vouer. Les marchands de salut ont le verve habile pour capter notre attention et nous faire croire que tout sera mieux qu’avant. Certes nous ne pouvons avancer sans confiance mais pas seuls, sinon le désarroi risque vite de nous assaillir. C’est au moment où Jésus commence son discours d’adieu qui occupe quatre chapitres entiers de l’Evangile de Jean qu’il invite à la confiance. Il ne nous abandonne pas mais nous promet un autre mode de présence. « Je prierai le Père, et il vous donnera un autre défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de Vérité… » Ce mot défenseur traduit le mot grec transcrit en français sous le nom de Paraclet. Ce mot emprunté au vocabulaire juridique désigne celui qui est appelé auprès d’un accusé pour l’aider et le défendre. Le sens premier est donc avocat, auxiliaire, défenseur. Jésus ne nous abandonne pas, il nous donne son Esprit prêt à venir à notre secours. Cet Esprit nous défendra dans l’adversité contre l’ennemi extérieur qui vient nous menacer, mais aussi contre l’ennemi intérieur, contre nous-mêmes, guettés par la tentation de la tiédeur et du relâchement. Le meilleur avocat qui soit nous est ainsi donné. Il ne cesse de nous remettre debout pour avancer dans la joie en témoignant de l’espérance qui est en nous.


13.05.2017
Jésus est le Chemin, la Vérité et la Vie !
Auteur : Père Jean Gaston RALAY NIRINA

Chers amis, en ce 5ème dimanche du Pâques, Jésus va préparer à ses disciples leur place dans la maison de son Père, c’est pourquoi, il leur montre qu’il est le Chemin, la Vérité et la Vie ; nul ne vient au Père que par lui. Souvent, la raison humaine cherche toujours au loin ce que la parole de Dieu lui présente tout près. Ainsi Marthe reléguait dans un lointain avenir l'espérance de la résurrection de son frère et Jésus lui dit : "C'est moi qui suis la résurrection et la vie." De même ici, Thomas prétend ignorer le chemin mais il l'a devant les yeux, c’est pourquoi, Jésus lui répond : c'est moi qui suis le Chemin, c’est-à-dire, il est lui-même le médiateur vivant qui s'unit au croyant et ainsi le conduit à la communion avec Dieu. Il l'est en tant qu'il est la Vérité, c'est-à-dire la révélation complète de Dieu même, la Vérité que l'homme doit s'approprier personnellement pour être sauvé. Il est par là même la Vie, parce qu'il est pour le croyant la source unique de la vie de l'âme, de la vie éternelle ; tellement que quiconque ne puise pas cette vie en lui demeure dans la mort. De ces prémisses résulte cette sentence absolue qui se comprend d'elle même après de telles paroles : « Nul ne vient au Père que par moi ». En effet, le Sauveur est, d'une manière constante, pour le croyant, le Chemin, c'est-à-dire le moyen d'arriver au Père, en étant pour lui la Vérité et la Vie. Il l'est, sans doute, plus ou moins complètement, selon le degré de notre communion avec lui. Amen.


06.05.2017
LE BON PASTEUR
Auteur : Arsène Dosso

Ce dimanche est traditionnellement appelé Dimanche du « Bon Pasteur » pour nous aider à approfondir notre relation avec le « Ressuscité ». Une condition pour le rencontrer est « d’écouter » sa « voix » à partir de la proclamation de l’Evangile ou du kérygme des Apôtres. Une autre condition est d’accepter le « baptême » comme un chemin de conversion. Enfin la nième condition est de se laisser transformer intérieurement par les motions du Saint Esprit. C’est l’Esprit de Dieu qui distingue Jésus des autres pasteurs qui ne pensent qu’à leurs intérêts égoïstes. Lui, Jésus, dévoile à travers sa vie et ses paroles le visage miséricordieux d’un Dieu qui appelle sa créature à recevoir la vie en surabondance.


22.04.2017
La paix soit avec vous 
Auteur : Père Roger AFAN, OP.

Cette salutation est employée par Jésus-Christ lorsqu'il retrouve ses disciples après sa résurrection. La formule a traversé le judaïsme, le christianisme et l'islam. Compte tenu des menaces de guerres qui pèsent sur l'humanité, il serait bon de s'entendre Jésus nous redire « la paix soit avec vous ». Que nous puissions nous saluer en souhaitant la paix à « tous ceux qui sont en Christ (1P 5, 14) ; que la paix soit avec tous les hommes puisque c'est pour tous que Jésus est mort, pour tous qu'il a vaincu la violence par sa résurrection. « La paix soit avec vous » ! C'est encore ainsi qu'aujourd'hui un évêque (et lui seul) peut ouvrir une célébration eucharistique en saluant l'assemblée. Durant nos eucharisties, lorsque nous disons « la paix soit avec vous », il serait bon que cette formule soit plus qu'une simple phrase mécanique, c’est-à-dire un mot d'ordre. Lorsque nous sommes invités à nous donner la paix, nous sommes bien sûr poussés à donner un signe de paix à celui ou celle qui nous est proche dans l’Église, même si parfois nous le faisons avec beaucoup de réticence à cause des différences sociales, culturelles ou raciales. Dans et au-delà de l’Église, que « la paix soit avec vous » imprègne nos comportements, afin que nous montrions au monde que nous suivons un Maître de paix, qui n'a voulu que la paix, même pour ceux qui se sont montrés violents à son égard.


14.04.2017
Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie
Auteur : Père Bernard Heudré

Jésus nous dit qui il est. Il répond à une remarque de l’apôtre Thomas. Jésus vient d’annoncer qu’il part nous préparer une place et dit : « Pour aller où je m’en vais, vous savez le chemin ». Thomas, avec son sens habituel du concret, rétorque : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? » C’est alors que Jésus lui donne son identité. Le Chemin, c’est-à-dire une route toujours à parcourir. Jamais nous n’avons fini d’apprendre à connaître Jésus. Accepter de le suivre, c’est accepter de ne pas nous installer dans notre relation avec Lui. Dans tout être humain, il y a toujours une part d’inconnaissable. A plus forte raison dans Celui qui est vrai Dieu et vrai homme. La Vérité, c’est-à-dire la lumière pour ne pas perdre la route. La vérité de la foi n’est pas un catalogue, elle est une personne. Certes, nous avons besoin des points de repère que sont les dogmes et toute la tradition de l’Eglise. Mais l’authentique démarche de foi consiste à laisser le Christ habiter en nous, en faire une présence, un face à face toujours renouvelé. La Vie, la vie en plénitude au-delà de nos approximations de vie. Avec Jésus, pas question de vivoter. Bien au contraire, accueillir et faire briller l’étincelle allumée au matin de Pâques. Par cette icône du Christ dont le nom est indiqué par ses premières lettres grecques, il nous est présenté par la gestuelle de sa main droite : trois doigts rapprochés pour nous dire qu’il est de la Trinité ; deux autres dressés en signe de bénédiction pour nous dire qu’il est vrai Dieu et vrai homme. En ce jour de Pâques, laissons le regard du Christ plonger dans le nôtre pour nous assurer de sa Vie.


31.03.2017
Je suis la Résurrection et la vie ... crois-tu cela ?
Auteur : Père Jean PERRIN

En voyant la douleur de Marthe, c'est la douleur de toute l'humanité affrontée à la mort que Jésus perçoit. Mort tellement cruelle. Ce n'est pas Lazare seulement qu'il faut sortir du tombeau, c'est l'humanité tout entière, qu'il faut délivrer de la mort et un simple retour à la vie ne fait que reculer l'échéance. Il faut faire émerger l'homme à une autre vie, une vie tout à fait nouvelle sur laquelle la mort n'aura plus aucune prise. Jésus sait qu'il porte en lui le secret de cette vie qui ne passe pas. Et il sait que c'est lui-même qui par sa propre mort et sa résurrection y donnera accès. Plongés dans la mort du Christ par le baptême nous sommes invités à vivre en ressuscité, sous la conduite de l'Esprit et à témoigner de l'espérance qui nous habite. Car comme le dit Saint Paul dans la deuxième lecture, si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en nous, celui qui a ressuscité Jésus le Christ, d'entre les morts donnera aussi la vie à nos corps mortels par son Esprit qui habite en nous. Le retour de Lazare à la vie, aussi exceptionnel que soit l'événement n'est qu'un signe avant-coureur de la résurrection du Christ au matin de Pâques. Résurrection, qui n'est pas le retour à la vie biologique terrestre mais émergence d'une vie nouvelle sur laquelle la mort n'a plus de prise. Le cœur de la foi qui était demandée à Marthe et qui nous est demandée aujourd'hui n'est pas d'abord la foi « en quelque chose » fut-ce la résurrection, c'est la foi en Quelqu'un, en Jésus, Jésus qui en personne est la Résurrection et la Vie. C'est parce que nous croyons en Jésus Résurrection et Vie que nous croyons à la résurrection des morts. Cette vie nouvelle n'est pas seulement pour demain, ni pour l'au-delà. Elle est déjà communiquée aujourd'hui à ceux qui croient, à ceux qui par le baptême ont été plongés dans la mort avec le Christ, à ceux qui communient à son Corps et à son Sang. Elle est puissance et vie de l'Esprit Saint qui habite en nous et nous donne de vivre en communion avec Dieu et avec le désir de lui plaire et de faire sa volonté.


25.03.2017
Refaits à neuf
Auteur : Père Bernard Heudré

Qui de nous y aurait pensé ? Cracher dans la poussière pour en faire de la boue ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas très hygiénique. Des yeux fragiles méritent plus de précautions. Pourtant Jésus sait où il va car il habite ce qu’il fait. Il rencontre par hasard un homme aveugle de naissance que son handicap a réduit à la mendicité. Après avoir balayé d’un revers de main la fausse interprétation héréditaire pour expliquer la cécité, Jésus reprend les gestes du Créateur dans le récit de la Genèse : « Le Seigneur Dieu modèle l’homme avec de la poussière prise du sol » (Gn 2, 7). A l’image du geste du potier qui façonne son œuvre, Dieu donne forme à l’homme et lui insuffle la vie. Mais, nous le savons, souvent la vie peut nous cabosser, nous faire mal et aussi nous déformer. Tout ne relève pas de notre responsabilité mais on ne peut non plus totalement l’exclure. Alors Jésus annonce le pourquoi de sa venue au cœur de l’histoire humaine. Il est venu guérir, il est venu refaire l’homme à neuf. Oh ! certes, ce n’est jamais gagné en raison de nos aveuglements, de la fermeture de notre cœur, mais l’espérance est à nouveau semée dans la poussière de nos vies. Une espérance pour chacun de nous, une espérance à partager, d’une manière privilégiée, avec le plus pauvre pour le rendre à sa dignité. Jésus a su voir l’aveugle et l’a mis au centre de l’attention qui lui est portée, d’une manière bienveillante ou malveillante. Jésus nous apprend ainsi le vrai chemin de l’amour. Comme le rappelle le pape François : « Le véritable amour est toujours contemplatif, il nous permet de servir l’autre non par nécessité ni par vanité, mais parce qu’il est beau, au-delà de ses apparences ». Savoir regarder et s’émerveiller, c’est la condition de la joie.


18.03.2017
Jésus est l’eau vive !
Auteur : Tiré du texte du F. Bovet, Voyage en Terre Sainte

"Nous arrivons, écrit M. F. Bovet, à ce puits de Jacob où, pour la première fois, le grand principe d'un culte nouveau fut énoncé par Jésus en opposition au semi paganisme des Samaritains et au théisme formaliste des Juifs : "Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité" (verset 24) C'est sans contredit un des sites les plus intéressants qu'il y ait dans toute la Terre Sainte, non seulement à cause de la grandeur de la scène qui s'y est passée, non seulement à cause de l'importance des paroles que le Fils de l'homme y a fait entendre mais aussi parce qu'il n'est pas de localité qui soit mieux circonscrite et plus aisément reconnaissable. L'Evangile est sobre de tableaux, il nous en présente peu qui soient aussi complètement dessinés que celui de l'entretien de Jésus avec la Samaritaine. C'est ici, c'est sur la margelle de ce puits, que Jésus s'est assis à l'heure de midi, lassé du chemin, et a demandé à boire à cette femme de Sychar. Voilà cette source dont il disait : "Tous ceux qui boivent de cette eau auront de nouveau soif, mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, n'aura plus jamais soif." Ces pierres, cette plaine, ces montagnes ont été témoins de cette conversation. Ces beaux champs de blé qui s'étendent devant moi sont ceux que Jésus montrait à ses disciples : "Ne dites-vous pas vous, qu'il y a encore quatre mois Jusqu'à la moisson ?" Voilà, au-dessus de nous, ce sommet du Garizim auquel se rapportent ces paroles : "L'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père." Le puits de Jacob est dans une admirable situation, au point de jonction de l'étroite vallée de Sichem et de la grande vallée de Mokhna... A ma gauche est l'Hébal, et au pied, à peu de distance de moi, le tombeau de Joseph."


05.03.2017
Le temps de la rencontre
Auteur : Père Bernard Heudré

Certes le Carême est le temps privilégié de la conversion, mais s’il pouvait aussi devenir le temps de la rencontre ! Les deux termes vont d’ailleurs bien ensemble. En raison de la démarche synodale lancée sur notre diocèse, donnons toute notre attention au temps de la rencontre. Le mot en lui-même est d’ailleurs très beau car il laisse espérer le face-à-face, l’échange. La tente sous laquelle était placée l’arche d’Alliance s’appelait la tente de la rencontre. Lorsque Moïse s’y rendait, Dieu conversait avec lui “ comme un homme converse avec son ami ” (Exode 33, 11). Sans vouloir faire un jeu de mots, pourquoi la conversion ne deviendrait pas la conversation ? Se convertir, c’est d’abord se tourner vers quelqu’un, Dieu d’abord, pour ensuite mieux nous tourner vers les autres. Lorsque se vit la présence, s’instaure l’échange, le dialogue. Est-ce que ce que vaut chacune de nos journées n’est pas mesuré par ce qu’ont valu nos rencontres ? Toute la vie du Christ est scandée par ses rencontres. Les Évangiles que nous allons accueillir chaque dimanche de ce Carême sont des rencontres de Jésus, avec le Tentateur, avec ses apôtres, Élie et Moïse, avec la Samaritaine, l’aveugle-né et enfin Lazare. Pour bien vivre ensemble ce Carême, entrons dans un désir commun, celui de rencontrer. Nous y sommes tous invités en participant à une fraternité synodale, que nous en ayons l’initiative ou que nous en rejoignions une. Par ce temps d’écoute et de partage de la Parole de Dieu et de la belle encyclique du Pape François La joie de l’Évangile, vous approfondirez votre relation à Dieu et aux autres dans et par l’Église. Ainsi nous deviendrons vraiment des disciples-missionnaires, heureux de donner vie à la Bonne Nouvelle du Christ. Dans notre monde incertain, elle est la respiration nécessaire. Ne manquons pas de souffle !


25.02.2017
« On ne peut servir Dieu et l’argent »
Auteur : Père Roger AFAN, O.P

Ces propos risquent de sembler scandaleux aux chômeurs qui ne peuvent plus nourrir leurs familles ni leur fournir les moyens de se protéger du froid. Pourtant, si l’on écoute attentivement les propos de Jésus, on s’aperçoit que son regard n’est pas dépourvu de sagesse. Ce qui paraît de l’insouciance cache peut-être un vrai secret quand on prend au sérieux les propos qui encadrent le discours. Au départ on nous avertit : « On ne peut pas servir Dieu et l’Argent. » Au terme on nous indique le chemin à suivre pour que tout soit donné à chacun : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice et tout viendra par surcroît. » Par conséquent, dans le discours de Jésus, deux mots doivent particulièrement retenir notre attention : « souci » et « foi ». Le mot « souci » désigne un mouvement qui tourne vers soi-même : « le souci de prolonger sa vie », le souci de savoir de quoi on va pouvoir se nourrir ou se vêtir, « le souci du lendemain ». Mais ce terme s’oppose à un autre : « hommes de peu de foi. » La foi désigne la confiance en autrui et cette confiance est pure quand elle s’oriente en même temps vers Dieu et vers nos proches. Par-delà toute concurrence, nous sommes appelés à vivre dans la confiance mutuelle ; alors autrui aura souci de nous comme nous aurons souci de lui. Nous vivrons du mystère de Dieu et de son Royaume.


18.02.2017
L’AMOUR PLUS FORT QUE LA HAINE …
Auteur : Père Jean Perrin

L’actualité ne cesse de nous rappeler les désastres que produit le cycle infernal de la violence. Le mal entraîne le mal, la haine entraîne la haine. Le Christ aujourd’hui nous propose de répondre au mal par le bien, à la haine par l’amour afin d’être vraiment les fils de notre Père qui est aux cieux. « Vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Chemin impossible, pure utopie me direz-vous !!! Un ami incroyant, lorsqu’il traverse une épreuve, me dit souvent : « Tu as de la chance Jean, tu as choisi le chemin de la facilité et de la sécurité, un bon Dieu qui t’aime comme un Père, qui te protège, qui te rassure, cela rend la vie plu simple et plus facile. » Pourtant en accueillant l’évangile de ce dimanche, c’est bien le sentiment contraire qui m’habite … « Aimez vos ennemis, dit Jésus, si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui l’autre. » Il ne s’agit bien sûr de prendre au pied de la lettre l’ordre de se couper le pied ou la main pour éviter le scandale, de tendre l’autre joue quand tu reçois une gifle. D’ailleurs, quand Jésus est giflé par un garde, il réplique dignement : « Si j’ai mal parlé, montre en quoi ; si j’ai bien parlé pourquoi me frappes-tu ? » Comment appliquer un tel enseignement qui semble donner libre cours à la violence dans le monde ? Jésus condamne-t-il toute forme de résistance ? Non, je crois plutôt qu’il nous invite à rechercher les formes d’une non-violence active, comme l’ont compris Gandhi ou Martin Luther King qui disait aux racistes de son pays : « A votre capacité d’infliger la souffrance, nous opposerons notre capacité d’endurer la souffrance. Faites ce que vous voulez et nous continuerons à vous aimer. » Pour Jésus, l’amour qui va jusqu’au bout est le seul antidote efficace contre le mal. Si nous voulons guérir de notre propre violence, il nous faut sortir de ce cycle où la seule réponse au mal est un autre mal. Il nous faut lutter contre l’opinion qui réclame toujours plus de répression. La haine et la rancune emprisonnent, seul l’amour libère : « Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent. » C’est en suivant ce chemin que vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait.


11.02.2017
Si votre justice ne surpasse pas celle des Scribes et des Pharisiens,
Auteur : Père Arsène Dosso

Frères et Sœurs en Christ, Notre Seigneur Jésus-Christ nous invite à un dépassement dans notre conception de la justice. La justice se présente en général comme un principe moral de la vie sociale fondé sur la reconnaissance et le respect du droit des autres qui peut être le droit naturel (l’équité) ou le droit positif (la loi). Ben Sirac le Sage dans l’Ecclésiastique invite le croyant à « l’observance des commandements de Dieu » pour hériter de la vie. Cette « Sagesse du mystère de Dieu » selon Saint Paul, nous ouvre à une maturité dans la foi. Et notre foi au Christ nous fait l’obligation de dépasser la conception littérale de la loi pour en scruter au-delà, l’esprit de la loi. C’est à juste titre que Jésus selon Saint Matthieu, sans abroger, ni déroger les normes du décalogue, se présente comme son terme, voire son accomplissement. Ne dit-on pas qu’il est la dernière parole de Dieu aux hommes ? (Cf. He 1, 2) En ce jour, la Sagesse nous oblige à nous unir à l’Action de grâce du Père Joseph Lecoq en ses 50 ans de vie sacerdotale. « Cinquante » années de joie et surtout de souffrance à la suite du Christ, « Cinquante » années de dur labeur et surtout d’humilité dans l’exercice du sacerdoce ministériel et enfin « Cinquante » années à contempler le mystère du salut à l’œuvre dans cette fragilité de la condition humaine. Père Joseph, Joyeux Anniversaire !!!


04.02.2017
Que votre lumière brille devant les hommes !
Auteur : Père Jean Gaston RALAY NIRINA

Jésus, après avoir, dans les béatitudes, caractérisé ceux qui sont enfants de son royaume et leur avoir prédit d'inévitables persécutions dans un monde ennemi de Dieu, (versets 10-12) veut leur faire sentir maintenant (versets 13-16) tout le sérieux de leur position, la grandeur de leur vocation, afin que, loin de se laisser abattre par l'opposition, ils n'en deviennent que plus courageux et fidèles pour exercer la sainte influence qu'ils sont appelés à avoir. Ils sont parmi les hommes le sel, la lumière. La lumière : elle n'est à nous que lorsque nous nous la sommes appropriée d'une manière vivante, alors elle luit d'elle-même devant les hommes qui voient, non pas seulement des doctrines ou des opinions religieuses, mais nos bonnes œuvres, tout l'ensemble d'une vie chrétienne, la sainte vérité dont le caractère est essentiellement moral et pratique. Les hommes qui verront ces œuvres, glorifieront le Père qui est dans les cieux, auquel ils seront forcés d'attribuer le témoignage d'une vie sanctifiée. La vocation des enfants du royaume est d'être le sel de la terre, qui ne doit jamais perdre sa saveur, la lumière du monde, qui ne doit jamais être cachée. Que cette lumière luise donc à la gloire de Dieu ! Amen


28.01.2017
La Présentation de Jésus au Temple : lumière, souffrance et joie
Auteur : Père Gérard Guitton

En ce dernier dimanche du mois de janvier, nous célébrons en la paroisse de la cathédrale la fête de la Présentation du Seigneur au Temple rapportée dans l’évangile de saint Luc, et qui termine le temps de Noël, 40 jours après le 25 décembre. C’est un Triduum marial que nous avons commencé vendredi et qui s’achève aujourd’hui. Le thème en a été « En chemin avec Marie ». Ce vendredi nous avons suivi Marie qui se mettait en route pour visiter sa cousine Elisabeth, et samedi elle nous a montré comment il nous faut supporter les conditions difficiles de la vie quand il n’y a pas de place dans l’hôtellerie de nos vies pour accueillir le Sauveur comme le soir à Bethléem. Mais aujourd’hui nous célébrons en même temps une fête de lumière et de souffrance. La lumière est celle de l’Enfant Jésus porté par les bras de Syméon qui laisse éclater sa joie d’avoir vu le Sauveur comme il le désirait avant de mourir et de disparaître comme tous les prophètes anciens. Et c’est à la Vierge Marie que Syméon transmet la parole essentielle annonçant déjà la souffrance de la Passion de son divin Fils. Mais en souffrant la Passion dans son cœur de mère, elle révèle au monde, en espérance, la Résurrection du Sauveur. Pour cette raison la fête de la Présentation est pour nous aujourd’hui une fête de lumière et de joie.


20.01.2017
Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. 
Auteur : Père Jean Perrin

Sur le lac de Galilée, un jour comme tant d’autres, des pêcheurs vaquent à leurs occupations : amener la barque au large, préparer les filets, les lancer avec adresse et les amener lourds de poissons. Sur le rivage, un homme marche. C’est Jésus qui, voyant les frères Pierre et André, Jacques et Jean au travail, les invite à le rejoindre : « Venez, dit-il, venez derrière moi ! » Et il fait suivre son appel d’une promesse bien peu ordinaire pour ces humbles Galiléens : « Je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Pêcheurs, ils le sont déjà de père en fils. Mais pêcheurs d’hommes ? Surpris là, au milieu de leur vie de tous les jours l’appel de Jésus touche pourtant leur cœur. Heureuse rencontre où Dieu fait soudain irruption dans la vie de l’homme et déjà ils ne sont plus tout à fait les mêmes. Quittant leurs filets et leur barque, c’est-à-dire leurs moyens de subsistance, ils se lèvent et se mettent aussitôt en marche derrière celui qui proclame : « Le Royaume des cieux est tout proche. » Aujourd’hui encore le Christ appelle, certains plus particulièrement, et leur fait la même promesse : « Venez derrière moi et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Après Pierre, André et tant d’autres, ces apôtres des temps modernes avancent leur barque au milieu du monde mais désormais c’est à une autre profondeur que celle du lac de Galilée qu’ils pêchent car il leur faut atteindre au milieu de nombreux autres messages le cœur des hommes. Comme Jacques et Jean, ils lancent un filet non plus fait de chanvre qui emprisonne et qui tue, mais un filet tissé avec amour par le Père. Un filet de tendresse qui amène à la lumière, à la liberté et à la vie tous ceux qui consentent librement de se laisser prendre tout entier, car ce filet est tissé par la Parole de Dieu, Bonne Nouvelle pour nos vies. Cependant cette Bonne Nouvelle proclamée en Eglise ne s’adresse pas seulement à quelques privilégiés, mais bien à tout homme, qui veut l’accueillir. C’est bien pour chacun de nous que retentit aujourd’hui la voix du Christ qui nous dit : « Viens, tourne sans cesse ton cœur vers moi et suis-moi. » Surgissant là au beau milieu de nos vies d’homme, l’appel du Christ garde toute sa puissance. N’attendons plus, levons-nous et mettons-nous ou remettons-nous en marche à sa suite ; laissons-nous emmener avec confiance par celui qui est lui-même le Chemin et la Vie. Il nous conduit au bonheur du Royaume, qui se fait tout proche en sa personne.


13.01.2017
Voir venir
Auteur : Père Bernard Heudré

« Je te vois venir » : ce peut être une expression utilisée envers quelqu’un dont on devine les intentions sans nécessairement bien les comprendre. C’est l’expérience que fait Jean-Baptiste telle qu’elle est rapportée au début de l’évangile de ce dimanche : « Voyant Jésus venir vers lui ». Ce verbe « voir » est utilisé à plusieurs reprises, toujours par Jean, installé alors sur les bords du Jourdain pour y exercer sa mission. La rencontre avec Jésus a été pour lui déterminante, à tel point que par deux fois il déclare : « Je ne le connaissais pas ». On pourrait être surpris par cette affirmation. Quand on sait la force des relations familiales dans le monde juif, Jean-Baptiste avait dû passer une grande partie de son enfance avec Jésus. Mais n’est-ce pas une expérience que nous avons faite nous-mêmes à l’égard d’un proche, d’un ami ? Dans un sens positif ou dans un sens négatif, d’ailleurs : « Vraiment je n’aurais jamais cru ça de lui ! » Accepter de se laisser surprendre, étonner, est la condition même de toute vraie relation. Jamais nous ne pouvons cerner complètement quelqu’un, même à l’intérieur du couple. Il y a toujours, et c’est heureux, et c’est indispensable, le jardin secret qu’à aucun prix il ne faut forcer. C’est tellement beau de savoir laisser la porte ouverte à la découverte de l’autre. Cette rencontre entre Jean-Baptiste et Jésus a été riche pour l’un comme pour l’autre. A plusieurs reprises, Jésus dit son admiration pour Jean qui, aujourd’hui, nous fait cet aveu : « Oui, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. » Si chacun de nous pouvait toujours être le « Jean-Baptiste des autres ! »