L'ascension des âmes - Hieronymus Bosch

Jérôme Bosch (um 1450 - 1516)
L'entrée des élus au Paradis
Technique : Huile sur bois
Exposition : Venise, Palazzo Ducale

Diptyque du Paradis Terrestre et de l’Ascension des Ames de Hieronymus Bosch ; ici ils'agit du second tableau.

Avec l'image fameuse du "tunnel de lumière" des personnes qui frôlent la mort et racontent avoir vécu une expérience connue sous le nom de NDE (acronyme pour Near death experience, pour Expérience de mort imminente (EMI).
Mais Bosch a vécu au XVe siècle.

Des anges magnifiques arrachent les âmes élues aux ténèbres pour les guider – par une étonnante ascension dans un rayonnement incandescent – vers la Lumière du Paradis. Ecoutons Dante, dans la Divine Comédie, l'évoquer :

" Tel que celui qui, en songeant, voit, et après le songe la passion demeure imprimée, et le reste à l’esprit ne revient point ;
tel suis-je, toute ma vision presque s’étant évanouie, et encore en mon cœur distille la douceur qui naquit d’elle.
Ainsi la neige fond au soleil ; ainsi au vent, sur les feuilles légères, se perdait l’oracle de la Sibylle.
O suprême lumière qui tant t’élèves au-dessus des pensées des mortels, reprête à mon esprit un peu de ce que tu paraissais,
et fais que ma langue soit assez puissante pour laisser, de ta gloire, seulement une étincelle à la gent future :
car, revenant un peu en ma mémoire, et raisonnant un peu dans ces vers, plus on concevra de ta victoire.
Si vive en moi fut l’impression du vivant rayon, que je me serais, je crois, égaré, si de lui j’avais détourné les yeux ;
et je me souviens qu’avec d’autant plus de courage je le supportai, que je tins ma vue plus étroitement jointe à la Vertu infinie.
O abondante Grâce, par qui j’osai tant fixer mon regard sur l’éternelle lumière, que de la vision j’atteignis le terme !
Je vis que dans sa profondeur s’enfonce, relié en un volume par l’amour, tout ce qui se disperse dans l’univers :
substance et accident, et leurs propriétés, tous ensemble unis de telle manière, que ce que je dis est une simple lumière."

Dante Alighieri
La Divine Comédie
Traduction par Félicité Robert de Lamennais .
Flammarion, 1910 (pp. 388-391).
Chant XXXIII