Basilique Notre-Dame des Miracles | .8

Sommaire

1. Le chandelier pascal (1846)

2. Le chemin de croix (vers 1860 ?)

3. Les quatre statues de Goupil (1871)

4. Les trois cloches (1876)

5. Le pavement de la nef (1886)

6. L’orgue de chœur (1894)

7. Les couronnes de la Vierge et de l’Enfant Jésus (1908)

8. Les vitraux de 1953

9. Un tableau de Elizabeth Robton4 (vers 1990)

1. Le chandelier pascal (1846)

chemin de croix

Du même type que ceux de la cathédrale et de Saint-Etienne, il a la chance d’être le seul complet et de bénéficier de quelques mentions d’archives. Un chandelier pascal est cité dans un inventaire de 1805, restauré en 1827. Pourtant en avril 1848 un nouveau chandelier est payé 200 F au menuisier Mélin1. Son style nous pousse à nous demander s’il n’a pas été inspiré du précédent. Le sigle IHS à la base, bienvenu à Saint-Sauveur, ne se retrouve pas dans les deux autres chandeliers.

2. Le chemin de croix (vers 1860 ?)

C’est la copie comme tant d’autres d’une série venue de Paris et dont nous aimerions bien connaître l’auteur… A y regarder de près cependant, cette copie est d’un fini tout à fait remarquable. C’est que, d’après un article de l’architecte Crespel, qui la tenait pour le plus beau chemin de croix de Rennes, elle fut réalisée par le peintre servannais Valentin Doutreleau, qui vécut dans l’ancienne abbaye de la Vieuville.

Statue de Françoise d'Amboise, tableau du Sacré-Coeur, statue de saint Yves.

3. Les quatre statues de Goupil (1871)

Lorsque l’abbé Brune fit agrandir par les Mélin les deux retables adossés aux sacristies, il fit placer de part et d’autre des tableaux quatre statues qui ne sont pas de simples moulages de plâtre mais des créations soignées du sculpteur Ch. Goupil, qui lui valurent peu après la commande de la statue de N.-D. des Miracles. D’un côté deux saints «bretons », Françoise d’Amboise, épouse de Charles de Blois, bénéficiaire de la protection de N.-D. des Miracles en 1357, et Saint Yves. De l’autre, «le roi et la bergère » : Saint Louis, ancien titulaire de l’autel Sainte-Anne, et Sainte Germaine Cousin, patronne des domestiques. Ces quatre statues sont malheureusement peu proportionnées aux personnages des tableaux et aux grandes statues de Pierre et Paul qu’elles avoisinent.

Sainte Françoise d'Amboise et saint Yves

4. Les trois cloches (1876)

cloche

Pour couronner la restauration de l’abbé Brune engagée en 1870 et qui introduisit la chapelle de N.-D. des Miracles, trois cloches nouvelles arrivèrent de l’atelier Bollée du Mans, aptes à s’accorder à celles de la cathédrale.
Elles furent bénites le 25 octobre 1876.

5. Le pavement de la nef (1886)

pavement

Comme toutes les églises du XVIIIe s., celle de Saint-Sauveur était pavée de tommettes de briques. Celles-ci furent remplacées en 1886 par un pavement de céramique, commandé par l’architecte Martenot à l’entreprise Roch frères de Maubeuge. Il suscita alors une grande satisfaction. On peut lui reprocher aujourd’hui, par ses couleurs et ses motifs plutôt gothiques, d’accentuer la tonalité fin XIXe de l’église. On regrette aussi une surélévation du sol qui a noyé les emmarchements.

6. L’orgue de chœur (1894)

couronne

Entièrement financé par le curé Hévin, il fut commandé au facteur nantais Louis Debierre en 1893 et reçu le 11 mars 1894. Pour ne pas trop desservir la boiserie de 17683, il fut réparti en deux volets latéraux, cachant vraisemblablement les appuis d’origine des statues de Pierre et Paul. Pour la première fois à Rennes, on utilisa une transmission électrique, remplacée plus tard par une transmission pneumatique.
Cette mise en place de l’orgue entraîna la suppression des stalles du fond du chœur, compensée par deux nouvelles stalles à l’entrée du chœur. Par la suite, une estrade pour la chorale n’améliora pas l’espace.

7. Les couronnes de la Vierge et de l’Enfant Jésus (1908)

Le couronnement officiel d’une statue vénérée est le prélude nécessaire à l’érection d’une église en basilique, de même que la béatification annonce la canonisation. On attacha donc grande importance à la réalisation des couronnes qui furent livrées en un temps record par le joaillier Mellério de Paris. Les couronnes conçues comme des enceintes de tours symbolisent la protection de la ville et rappellent fortement le miracle de 1357. Ces deux pièces sont aujourd’hui des éléments majeur du «trésor» de Saint- Sauveur, riche de beaucoup d’autres pièces.

8. Les vitraux de 1953

Ces vitraux sont un gros souci pour la valorisation de l’église du XVIIIe s. La rédaction de cet article autour du 11 novembre nous pousse à signaler une curiosité : la fuite d’un soldat nazi dans le vitrail à droite du chœur. Les habitués de Saint-Sauveur avaient de bonnes raisons de pas regretter le départ des Allemands : pendant la dernière guerre, l’église avait été réquisitionnée le dimanche à 10h30 pour la messe des occupants germaniques.

9. Un tableau de Elizabeth Robton [4] (vers 1990)

Plus pacifique, un tableau de Pierre Gilles est rangé contre le tableau de 1789 au fond du chœur à droite. Il sert de fond de décor à la crèche traditionnelle qui vient chaque année se placer près de l’autel du Sacré-Cœur.
Cette crèche silencieuse est un beau moment dans la vie de l’église du Saint Sauveur.


Père Roger Blot

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